Le Maroc a annoncé, ce vendredi 13 novembre, avoir lancé une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat, au Sahara occidental. Le royaume chérifien dénonce « les provocations du Polisario ». De son côté, le Front Polisario a affirmé que « la guerre a commencé » et que les forces indépendantistes répliquaient à l’armée marocaine.

Mohamed Salem Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), estime que « c’est une agression. Les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines qui essaient de continuer leurs marches en dehors du mur de défense qui constitue la ligne de démarcation ».

« La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le-feu » signé en 1991, a ajouté le ministre. De son côté, le royaume chérifien soutient que « le Polisario et ses milices qui se sont introduits dans la zone depuis le 21 octobre ont mené des actes de banditisme, bloqué la circulation et harcelé continuellement les observateurs militaires de la Minurso », la force d’interposition de l’ONU, précise un communiqué des Affaires étrangères marocaines.

Quelque 200 routiers sont bloqués depuis environ trois semaines au poste-frontière de Guerguerat, à l’extrême sud du territoire désertique, que se disputent depuis des décennies le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.

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Rabat, qui contrôle 80 % de l’ancienne colonie, ses gisements de phosphate et ses eaux poissonneuses dans sa partie ouest, le long de l’océan atlantique, veut une « autonomie sous contrôle » du territoire, où de grands chantiers de développement marocains ont été lancés ces dernières années. Plus au nord, en territoire algérien, se trouvent des camps où vivent des réfugiés entièrement dépendants d’une aide humanitaire en diminution.

Un cessez-le-feu a été signé en septembre 1991 sous l’égide de l’ONU, après seize ans de guerre. Les négociations menées par l’ONU et impliquant le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie sont suspendues depuis plusieurs mois. Le Polisario, qui a proclamé une République sahraouie (RASD) au début des années 1980, milite pour l’indépendance et réclame un référendum d’autodétermination.