Le tribunal correctionnel de Nîmes, dans le sud de la France, a ouvert jeudi 3 décembre, le procès d’un sans-papiers algérien connu sous onze identités différentes. Le prévenu, qui comparaissait pour des vols commis dans un centre commercial, prétend avoir 15 ans, mais ne fournit jamais sa véritable identité aux autorités. Il sera expulsé vers l’Algérie sur ordonnance du tribunal, indique le journal régional Objectif Gard.

Lors de l’audition, la présidente de la cour, Marie-Lucie Godard, s’étonne : « On a onze identités vous concernant. Alors qui êtes-vous ? ». Le jeune Algérien, assisté d’un traducteur, révèle son identité : « Tahar B., né le 22 novembre 2005 ». La juge doute et refuse de le croire. Car son examen dentaire révèle qu’il a plus de 20 ans, avec une marge d’erreur de plus ou moins six mois.

« Enlevez votre masque ! » demande la juge. Mais cette dernière n’obtient pas plus d’informations. C’est la 11e identité que le jeune homme décline aux policiers depuis son arrivée clandestinement en France. À son entrée en France et comme il prétendait être mineur, il a été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), puis placé dans un hôtel. Il est interpellé plusieurs fois pour des affaires de vols et d’agressions.

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Le 30 novembre dernier, le jeune Algérien s’est rendu à un centre commercial de Nîmes, pour y voler caleçons, chaussettes, vestes, parfum... dans plusieurs boutiques. « J’étais obligé de voler des affaires parce que j’avais froid », s’est-il défendu.

Son avocate, Me Perrine Teissonnière, explique que le seul désir de son client « à l’heure actuelle, c’est de rentrer dans son pays ». Une mesure que la juge a très vite adoptée. Une ordonnance de reconduite à la frontière a été prononcée contre le sans-papiers algérien. Il est aussi condamné à 4 mois avec sursis et plus de 1 000€ d’amende pour différents préjudices.

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