La situation des droits de l'Homme en Algérie connait un recul significatif. Selon le rapport annuel 2020  de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH, aile de Hocine Zehouane), la situation est peu reluisante. Ce rapport publié à la veille de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme, coïncidant avec le 10 décembre, constate qu'en Algérie, le pouvoir continue de brimer les droits plus élémentaires.

La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme affirme dans ce rapport qu' "aujourd’hui encore, à l’adresse du pouvoir politique, les militants des droits humains disent ceci : aucun discours ou programme ne peut permettre à la société de se développer sans les droits de l’Homme". Il ajoute qu'"en Algérie, on a fait un recul, y compris pour des textes élaborés durant les siècles derniers".

La LADDH avertit que "si le régime continue à ne pas respecter les droits de l’Homme, il aura fait le choix du chaos, qu’il assumera devant l’histoire, alors qu’ailleurs, on célèbre les droits de l’Homme de la 5e génération".

La même organisation rappelle les activités interdites par l'administration algérienne et réitère son appel à "un débat national sur les droits de l’Homme". "Deux années après, et en dépit de l’avènement d’un mouvement révolutionnaire : le Hirak, qui a suscité l’admiration des peuples à travers le monde entier en raison de son caractère pacifique et des très fortes mobilisations des Algériens de tout âge et à l’échelle de tout le pays où la participation des femmes a été massive et permanente, on est dans l’obligation de reprendre cette doléance" peut-on lire dans ce rapport .

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“violation continue” des droits des citoyens et un “recours abusif” à la détention préventive

Le rapport a aussi mis en évidence les atteintes aux libertés en Algérie ainsi qu'à la répression que subissent les activistes politiques .“Le pouvoir a profité de la crise, des mesures de confinement et des restrictions en raison de la pandémie du Covid-19 pour procéder à des arrestations ciblées des activistes pensant ainsi briser le Hirak. Cette gestion n’a fait qu’exacerber la méfiance faisant croire même à certains que la Covid-19 est une invention du pouvoir pour casser le Hirak” note le rapport.

La Ligue rappelle qu' “au moins 180 manifestants, militants ou journalistes ont été placés en détention provisoire, essentiellement pour avoir brandi les emblèmes berbères, pour des écrits sur les réseaux sociaux ou pour avoir participé aux marches du Hirak. Beaucoup ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement et à des amendes aux montants exorbitants".

Ce rapport parvient au moment où l’Algérie est mise à l'index par le Parlement européen, l'union européenne ainsi que plusieurs ONG qui ont alerté sur les atteintes aux droits de l'Homme en Algérie.

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