Le professeur Seddik Larkeche a appelé, dans une lettre ouverte adressée au président français Emmanuel Macron et publiée samedi 19 décembre dans le journal El Watan, la France à réparer financièrement les crimes et les dommages coloniaux qu’elle a commis en Algérie durant plus de 130 ans de colonisation. L’universitaire évalue à 100 milliards d'euros le montant de réparation des « dommages coloniaux ».

Seddik Larkeche estime que la France ne pourra échapper à son obligation de réparer financièrement les crimes et les dommages coloniaux qu’elle a commis en Algérie durant plus de 130 années.

“Le montant de la réparation ? Je l’évalue à 100 milliards d’euros et qui devra être précisé par les futures commissions de spécialistes en y intégrant notamment, car la liste est longue, le vol du trésor du Dey d’Alger (près de 4 milliards d’euros), les crimes de 1830 à 1962 de plusieurs centaines de milliers de personnes, la spoliation de millions d’hectares de terres, l’analphabétisation de la quasi totalité de la population, les conséquences dramatiques sur les vies humaines et sur la nature suite aux effets des essais nucléaires et chimiques pratiqués par la France jusqu’en 1978 en Algérie” a-t-il écrit.

La France doit faire comme les autres pays

Sur la nature de cette réparation, l’universitaire indique que la France “devra suivre le chemin parcouru par les grandes nations démocratiques, comme l’Italie qui, en 2008, a indemnisé la Libye à hauteur de 3,4 milliards d’euros pour l’avoir colonisée de 1911 à 1942, mais aussi : l’Angleterre avec le Kenya, les Etats-Unis et le Canada avec les Amérindiens, ou encore l’Australie avec les aborigènes. L’Allemagne a accepté, depuis 2015, le principe de responsabilité et de réparation de ses crimes coloniaux avec les Namibiens, mais bute sur le montant de l’indemnisation” explique-t-il encore.

Le Professeur Seddik Larkeche rappelle que “la France elle-même s’est faite indemniser de l’occupation allemande durant la première et seconde guerres mondiales à hauteur de plusieurs milliards d’euros. Au même titre, l’Algérie indépendante doit pouvoir être réparée des crimes contre l’humanité et dommages qu’elle a subis de 1830 à 1962”.

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