L’activiste et homme politique Rachid Nekkaz s'est exprimé sur la longue absence du président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Considérant que le chef de l'Etat algérien est « mort politiquement », Nekkaz estime que la démission de Tebboune reste la « seule option réaliste et acceptable pour le peuple algérien ».

« L’Algérie n’est pas un jeu vidéo qu’on pilote à distance à partir de l’étranger via des messages sur Twitter ». C'est par ces mots que Rachid Nekkaz a commencé sa lettre publiée ce dimanche 27 décembre sur son compte officiel et dans laquelle il estime que « le président Tebboune est mort politiquement ».

L'activiste algérien ajoute que « la dernière vidéo du président Abdelmadjid Tebboune, diffusée le 13 décembre 2020 sur son compte Twitter, est très inquiétante pour l’ensemble des Algériens ». Pour cette raison, Nekkaz estime que « le peuple algérien ne peut tolérer et laisser un homme gravement malade affaiblir la Nation en restant à la tête du plus grand pays d’Afrique et de la deuxième puissance militaire du continent ».

« Abdelmadjid Tebboune doit démissionner »

Pour Rachid Nekkaz, le président algérien, parti se soigner en Allemagne depuis plusieurs semaines après sa contamination par le coronavirus, doit tout simplement déposer sa démission du haut poste de l'Etat algérien. « Le véritable courage politique du président Abdelmadjid Tebboune est de comprendre que son état de santé ne lui permet plus d’assurer les plus hautes fonctions du pouvoir exécutif de l’Etat algérien et que démissionner est la seule option réaliste et acceptable pour le peuple algérien », écrit le détenu politique Rachid Nekkaz depuis sa cellule à la prison de Koléa.

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Il ajoute que Tebboune « doit abandonner son poste comme l’ont fait ses deux prédécesseurs ». Et de citer les anciens présidents algériens Liamine Zéroual, qui a démissionné à cause « des tensions importantes dans le système », et Abdelaziz Bouteflika, obligé de démissionner suite à « des gigantesques manifestations regroupant des millions d’Algériens qui mettront fin à plus de 20 années de pouvoir ». À propos de Bouteflika, Nekkaz rappelle qu'il était le seul à avoir « eu le courage » en 2015 de déclarer que « le président Bouteflika est mort politiquement ». Cinq ans plus tard, l’activiste politique souligne avoir « l’obligation d’éclairer mes concitoyens et le même courage de dire publiquement que « LE PRÉSIDENT TEBBOUNE EST MORT POLITIQUEMENT ».

« L'Algérie mérite un président disponible sur le terrain 24h/24h »

Dans l'état actuel des choses, Rachid Nekkaz estime que le départ de Tebboune ferait beaucoup de bien au pays. Pour lui, « l’Algérie mérite d’avoir un président non diminué physiquement, disponible sur le terrain 24h/24h(...). Un président relativement jeune pour l’Algérie est aujourd’hui une obligation pour mener sur la durée les réformes nécessaires pour sortir notre pays de cette crise et pour de ne plus mettre des militants politiques ainsi que des journalistes en prison ».

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Ainsi, Nekkaz propose à travers sa lettre d'aller, dès le mois prochain, vers un gouvernement de transition. « Etant donné ces conditions, ce n’est pas un crime de suspendre provisoirement la Constitution et de former dès janvier 2021 un "GOUVERNEMENT DE TRANSITION" dans un esprit d’union nationale pour une durée de 12 mois ». Et d'ajouter : « Dès 2022, nous pourrons élire un président en bonne santé et opérationnel à 100% pour mener les réformes politiques, sociales et économiques nécessaires pour relever les défis de l'Algérie de demain ».

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