Le militant et homme politique algérien Rachid Nekkaz a été arrêté à Marrakech le 17 mars 2025 à la suite d’une vidéo devenue virale dans laquelle il évoquait des sujets sensibles liés à l’histoire du Maroc et au Sahara occidental.
Rachid Nekkaz, connu pour ses prises de position controversées, a partagé une vidéo sur sa chaîne YouTube où il aborde des faits historiques concernant la mosquée Koutoubia de Marrakech, ainsi que la question du Sahara occidental. Dans cette vidéo, Nekkaz affirme que la mosquée Koutoubia aurait été construite en 1146 par Abdelmoumen, un dirigeant algérien originaire de Tlemcen. Selon lui, ce dernier aurait scellé une alliance stratégique avec le théologien Ibn Toumert pour unifier le Maghreb sous une même bannière religieuse et politique.
Ces propos, bien que historiques, ont déclenché une vive réaction des autorités marocaines. Ce qui a particulièrement déplu au gouvernement marocain, c'est la mention du Sahara occidental. Rachid Nekkaz y a rappelé que cette région est un "territoire occupé illégalement par les Marocains depuis la Marche Verte de 1975". Une affirmation qui a déplu aux autorités marocaines, le Sahara occidental étant un sujet hautement sensible pour le royaume.
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Arrestation de Nekkaz accusé de diffuser de fausses informations
L’arrestation de Nekkaz, survenue peu de temps après la diffusion de la vidéo, a été justifiée par les autorités marocaines sur des accusations de « diffusion de fausses informations » et d'atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc. En effet, ses propos ont été interprétés comme une tentative de remettre en question l'histoire officielle du pays et la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, un sujet qui reste un point de friction majeur entre le Maroc et ses voisins, notamment l'Algérie.
Rachid Nekkaz a été interpellé par les forces de sécurité marocaines à Marrakech, où il avait récemment fait une apparition publique. Après plusieurs heures d'audition, les autorités marocaines l’ont libéré après avoir consulté le parquet. Aucune poursuite judiciaire n'a été engagée à ce stade, mais l'incident a provoqué une large couverture médiatique et soulevé de nombreuses questions sur la répression de la liberté d’expression au Maroc.
La répression des voix dissidentes au Maroc
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions sur la liberté d'expression au Maroc. Bien que le pays se soit engagé dans un processus de démocratisation, plusieurs voix critiques sont régulièrement réduites au silence. Les défenseurs des droits humains, comme l’Association marocaine des droits humains (AMDH), soulignent que la critique de la gestion du Sahara occidental peut entraîner des mesures répressives sévères.
Le Maroc, qui se considère comme un État de droit, ne tolère pas les discours qui, selon ses autorités, pourraient nuire à l'unité nationale. Les lois sur la « diffusion de fausses informations » ou sur « l’atteinte à l’intégrité territoriale » sont régulièrement utilisées pour limiter les débats publics sur des questions politiques sensibles. Le cas de Nekkaz n'est pas isolé, et plusieurs journalistes, militants et défenseurs des droits humains ont été empêchés de s’exprimer sur des sujets liés au Sahara occidental.
🎥 Les autorités marocaines arrêtent le Franco-Algérien, Rachid Nekkaz, qui a évoqué des faits historiques à Marrakech devant la Mosquée KOUTOUBIA construite par l'Algérien Abdelmoumen en 1146.
Le #Maroc 🇲🇦 est un État voyou ! pic.twitter.com/R3ZB2sI5NE
— 🦅﮼رَاشـــــد | Rashid (@RLehbib) March 18, 2025
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