Une grande polémique est née récemment en Europe à la suite de la campagne lancée par le Conseil de l'Europe sur le port du voile islamique pour encourager « la beauté de la diversité » et lutter contre le racisme, la discrimination, l'exclusion et les inégalités. Sauf que cette campagne a suscité de nombreuses réactions, notamment en France, où elle a été vivement vilipendée par des hommes politiques de tous bords.

Rachid Nekkaz propose un référendum sur la présence de l'islam en Europe

Face à la levée de boucliers en Europe, particulièrement en France, le politicien algérien Rachid Nekkaz a fait une proposition qui a surpris tout le monde. Celui qui a disparu des radars algériens depuis sa sortie de prison en février dernier a tout simplement proposé l’organisation d’un référendum sur l’acceptation ou non de l’islam en France et dans l’Union Européenne afin de mettre fin – selon lui – à la polémique.

L'Islam perçu en France comme un « virus »

« Lorsque j’ai entendu hier, principalement en France une réaction extrêmement négative par rapport à l’opération de communication du Conseil de l’Europe (sur le port du voile, NDLR), je trouve que c’est tout à fait normal, parce que aujourd’hui, principalement en France, l’islam n’est pas perçu comme une religion, mais il est perçu comme un virus », affirme Nekkaz dans une déclaration à la chaîne RT France.

« Les tensions sont beaucoup trop aigues en Europe pour envisager sereinement une présence durable des communautés musulmans en Europe », estime Nekkaz. « Je crois qu’il est temps aujourd’hui  de réfléchir à l’organisation d’un référendum "Maastricht" sur la présence de l’islam dans les institutions européenne avec une question très simple : Est-ce que, oui ou non, voulez-vous interdire l’islam dans les institutions européennes ? » suggère celui qui a passé la majeure partie de sa vie en France.

Envisager un « retour des 10 millions de musulmans » présents en Europe ?

« Je crois aujourd’hui qu’il faut réfléchir à une stratégie de retour des 10 millions de musulmans qui se trouvent actuellement dans l’Espace européen. Il y a aujourd’hui 57 pays musulmans dans le monde, soit un quart de la planète, et dans ces 57 pays, les musulmanes peuvent porter le hidjab, le niqab ou le burkini », lance l’ancien candidat à la candidature pour la présidentielle avortée d'avril 2019 en Algérie.

Pour Rachid Nekkaz, un tel référendum « permettrait d’assainir ce climat extrêmement malsain en Europe. Et si on n’organise pas ce référendum, il est à craindre que dans les décennies à venir, il se produise la même chose que ce qui s’est produit en Espagne en 1492 où 300 000 juifs ont été expulsés principalement vers le Maghreb et dans l'Empire ottoman et en 1609 où nous avions eu 400 000 musulmans qui ont été expulsés d’Espagne vers l’Algérie, le Maroc et la Tunisie », explique-t-il.

L'islam de moins en moins toléré en France

Et à Rachid Nekkaz de rappeler « la loi de 2004 sur le voile en France », celle sur « le niqab en 2010 » et ensuite « les débat houleux sur le Hallal dans les cantines scolaires et la question du burkini ». Des faits qui prouvent, selon Nekkaz, qu’il existe « une dérive liberticide en Europe ». « Mais les pays États européens sont libres de décider s’ils acceptent ou non la religion musulmane dans l’espace public », explique-t-il en citant l’exemple du Swaziland, ce pays voisin de l’Afrique du Sud qui a interdit « l’enseignement de l’Islam à l’école en 2017 ».