L'islam continue à faire débat en Europe, plus particulièrement en France, et ce, à la veille de l'élection présidentielle programmée pour le mois de mai 2022. Cette fois-ci, c'est le Conseil de l'Europe qui est à l'origine d'une nouvelle polémique autour du voile islamique.

En effet, le Conseil de l'Europe a cru bien faire en lançant une campagne mettant en avant « la beauté de la diversité ». L'objectif affiché par cette institution paneuropéenne est la lutte contre le racisme, la discrimination, l'exclusion et les inégalités. Sauf que cette campagne a suscité une grosse polémique, notamment en France, où elle a été vivement vilipendée par des hommes politiques. Pas nécessairement de droite.

En fait, c'est le slogan choisi pour cette campagne qui n'est pas passé inaperçu, particulièrement chez certains politiciens dans l'Hexagone qui n'ont pas manqué de dénoncer « une dérive ». L'un d'eux, et le plus virulent pour l'instant, c'est le député européen du parti Les Républicains François-Xavier Bellamy, qui a fait exploser son compte Twitter pour s'en prendre au Conseil de l'Europe.

C'est que le slogan « la beauté est dans la diversité, comme la liberté est dans le hijab », qui accompagne la campagne du Conseil de l'Europe passe mal en France. « "La liberté est dans le hijab". Ce message n’est pas diffusé par une organisation islamique, mais par le Conseil de l’Europe. Un symptôme parmi d’autres d’une dérive très grave, qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère, où se mêlent entrisme, complaisance et détournement », a dénoncé avec un léger sarcasme le député européen dans l'un de ses nombreux tweets consacrés à l'affaire.

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François-Xavier Bellamy promet de ne pas se taire. « Il ne faut surtout pas négliger l’ampleur de cette dérive, ni la gravité de ses conséquences. Je continuerai d’interroger, comme parlementaire, jusqu’à ce que la lumière soit faite. Ceux qui utilisent les institutions européennes pour vanter le hijab doivent rendre des comptes », a-t-il ajouté dans un autre tweet, faisant partie d'une salves de tweets ciblant le Conseil de l'Europe.


Ce ne sont pas seulement des hommes politiques de droite qui se sont insurgés contre la campagne et surtout son slogan, accusé de vanter le port du voile islamique. Il y a aussi des gens de la gauche et notamment des femmes. Laurence Rossignol, ex-sénatrice et ex-secrétaire nationale du Parti socialiste, n'a pas tardé à réagir contre la campagne qui fait la promotion du hidjab.

« Rappeler que les femmes sont libres de porter le hijab (dans le respect des lois de chaque état membre, en France celle de 1905 et 2004) est une chose. Dire que la liberté est dans le hijab, en est une autre. C’est en faire la promotion. C’est le rôle du conseil de l’Europe ? » a asséné la femme politique qui a également occupé le poste de présidente du Conseil régional de Picardie.

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Parmi les internautes, plusieurs critiquent cette campagne promotionnelle, soulignant notamment que le port du voile peut ne pas être un choix personnel, mais une obligation imposée par la société ou un régime totalitaire, rappelant notamment les femmes d'Afghanistan, ou dans d'autres pays, qui ne peuvent s'en affranchir sans crainte de représailles.