Le Maroc veut-il remettre en cause le tracé des frontières avec l’Algérie ? À se référer aux graves supputations du site « Maroc Diplomatique », proche des cercles du pouvoir marocain, le Maroc accuse l’Algérie de lui avoir confisqué une bonne partie du Sahara central.

L’auteur de ce long article provocateur accuse les deux ex-présidents algériens Houari Boumediene et Abdelaziz Bouteflika d’avoir trahi la fraternité avec le Maroc après l’indépendance. Il reproche également à la France d’avoir caché les archives attestant de « la paternité du Maroc sur des régions du Sahara central algérien ». Comme la Saoura, Timimoune, Tindouf, le Gourara et Tidikelt !

« Force est de nous interroger à présent si, comme un impératif catégorique, nécessité n’a pas lieu pour le Maroc de poser les termes d’une revendication sérieuse et opposable à l’Algérie des territoires spoliés que sont entre autres Touat, Tidikelt, Gourara, Saoura , Bechar et Tindouf dont la preuve de leur appartenance historique au Maroc est plus que tangible et évidente ? » revendique-t-on.

Sur un ton présomptueux, l’auteur de cette publication affirme que « tous ces territoires du Sahara central appartiennent au Maroc de jure et de facto, concédés arbitrairement et unilatéralement par la France coloniale à l’Algérie en 1962. Les archives historiques, les traités, les pièces officielles en témoignent. Ils avaient été arrachés au Royaume chérifien du Maroc, sans scrupules, sans accords signés, sans négociations, mais en violation du droit international, avec cette invocation fallacieuse du "fait accompli" ».

Il faut dire que la normalisation des relations avec Israël semble « attiser les ardeurs » de certains responsables marocains. La semaine dernière, le chef du gouvernement marocain, Saâdeddine El Otmani, s’est illustré par des déclarations polémiques sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Il a proposé d’ouvrir la question de la souveraineté sur ces territoires. « Ceuta et Melilla est une question qui doit s’ouvrir (…) Elle reste en suspens depuis cinq ou six siècles, mais un jour elle pourrait s’ouvrir », a-t-il insisté.

Les propos du chef du gouvernement marocain ont irrité les autorités espagnoles qui ont convoqué en urgence l’ambassadrice du Maroc à Madrid. En effet, le ministère espagnol des Affaires étrangères a immédiatement interpellé la représentante diplomatique du Maroc à Madrid, Karima Benyaich, pour s'expliquer.