La mouture du projet de loi électorale élaborée par la commission de Ahmed Laraba a été présentée à la classe politique pour enrichissement. Elle contient des nouveautés mais elle ne semble pas avoir été élaborée pour révolutionner le régime électoral en Algérie.

S'il est adopté, le texte proposé par la commission présidée par le juriste Ahmed Laraba n'est pas une révolution dans le champ politique algérien. Contrairement à ce que ses défenseurs proclament, il apporte de nouvelles difficultés aux partis politiques et les candidats indépendants tentés par une aventure électorale. Surtout que certaines dispositions proposées sont présentées comme étant positives alors qu'elles constituent des entraves supplémentaires à l'exercice de la politique en Algérie.

C'est ainsi que la commission en question propose de "relever" la participation féminine, en faisant passer leur quota de 30 à 50 %. Les initiateurs de cette réforme présentent cette disposition comme une volonté d'émanciper la femme algérienne, mais en réalité, elle sera une difficulté supplémentaire pour les partis politiques qui peinent déjà à mobiliser la gente féminine pour répondre au critère des 30 %. C'est que dans une société conservatrice, il est toujours dur d'intégrer les femmes en politique.

Intégrer les femmes en politique ou entraver l'action des partis ?

D'un autre côté, il pourrait être exigé des partis de réserver 1/3 de leurs listes électorales à des jeunes de moins de 35 ans. C'est ce qui aussi proposé dans la mouture du projet de loi électorale présentée à la classe politique. Autre avantage au profit des jeunes ; en cas d'égalité entre deux candidats, c'est le plus jeune qui l'emportera. C'est tout à fait l'opposé de ce qui existait comme philosophie.

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Mais ce qui pourrait être considéré comme une petite révolution, c'est cette disposition qui exigerait des listes de candidats ouvertes. C'est-à-dire sans têtes de listes. L'électeur cochera les noms des candidats choisis sur une liste. Ensuite, c'est le nombre des voix obtenues par chaque candidat qui déterminera le classement des prétendants.

En fait, le pouvoir veut ôter la prérogative de classer les candidats des partis politiques pour la remettre aux électeurs. Mais, en parallèle, il risque de pénaliser les femmes qui pourraient ne pas bénéficier des faveurs des électeurs. Et ce, malgré leur présence en force sur les listes électorales.

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