Après plusieurs mois d’arrêt, le mouvement populaire appelé le Hirak reprend petit à petit, notamment dans les régions où les premières marches ont eu lieu. En effet, le vendredi 22 janvier, les chefs-lieux des daïras de Tichy et d’El-Kseur, dans la wilaya de Bejaïa, ont été le théâtre de marches populaires. Tandis que Kherrata a marché à son tour ce samedi. Ces marches populaires sont-elles les signes avant-coureurs de la reprise du Hirak en Algérie ?

Pour répondre à cette question, plusieurs facteurs sont à prendre en considération. Il faut commencer par  situation sanitaire du pays qui est un facteur déterminant pour réinvestir la rue en sachant que l’arrêt du Hirak fait suite aux mesures gouvernementales de confinement partiel ainsi qu'aux appels de plusieurs activistes.

Cependant, la reprise des marches dans les localités qui ont été d'ailleurs précurseurs en février 2019 est susceptible de faire des émules. En effet, l'exemple de Kherrata est très significatif du point de vue symbolique pour le mouvement populaire, dans la mesure où ce dernier est né exactement dans cette localité, six jours avant le fameux 22 février.

La situation politique du pays

Les "Hirakistes" toujours actifs sur les réseaux sociaux n'ont pas cessé de rejeter la feuille de route de Abdelmadijd Tebboune. Ils considèrent que la situation du pays n'a pas changé. Au contraire, certains activistes alertent sur un net recul des libertés individuelles et collectives, ainsi que le retour des anciennes pratiques des décideurs. De nombreux militants sont poursuivis en justice, d'autres emprisonnés.

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La liberté de la presse n'est toujours pas garantie. Des sites d'information sont censurés, notamment Observ'Algérie qui subit cette sanction depuis plus d'une année sans explication ni jugement. Il faut ajouter à cela l’incarcération et le harcèlement de journalistes tels que Khaled Drareni qui est à son dixième mois d'emprisonnement.

Sur le plan économique, la situation ne cesse de se détériorer. La crise est aiguë. Des Algériens ont perdu de leur pouvoir d'achat et d'autres ont carrément perdu leur travail en raison de la crise sanitaire et surtout de sa gestion. Le dinar ne cesse de s'effondrer, le prix du pétrole stagne et les réserves de change s'effritent de jour en jour .

Retour inévitable du Hirak

Toutes ces données présagent le retour du Hirak, au mieux, ou de mouvements sociaux plus virulents, au pire. Les activistes, militants ainsi que certains partis politiques n'excluent pas la possibilité que "le peuple" réinvestisse la rue. Pour remobiliser la rue, les appels se multiplient depuis plusieurs jours à de grande marches à l'occasion du deuxième anniversaire du Hirak.

Ces appels sont boostés par les exemples donnés par les localités de Bejaïa. Reste à savoir si ces appels vont avoir un écho ou resteront lettres mortes. En tout cas, pour les analystes, tous les ingrédients d'un nouveau mouvement populaire sont là, étant donné que la "nouvelle Algérie" s’avère être une chimère pour une partie du peuple qui refuse le changement tel que proposé par Abdelmadjid Tebboune.

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