L’activiste et homme politique algérien, Rachid Nekkaz s’est exprimé, ce samedi 30 janvier, pour la première fois depuis son transfert de la prison de Koléa vers celle d’El Abiodh Sidi Cheikh, dans la wilaya d'El Bayadh. Comparant sa nouvelle cellule, située dans le désert de l'Algérie, à la prison de Tazmamart au Maroc, Nekkaz a dénoncé l'injustice qu'il subit, en estimant se trouver dans une situation moins favorable que des terroristes de Daech.

« Rachid Nekkaz de la prison de Guantanamo (Koléa) à la prison de Tazmamart (El Abiodh Sidi Cheikh) ». C'est par ces mots que l’homme politique et fondateur du Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC) Rachid Nekkaz a commencé sa première lettre écrite depuis la prison d'El Abiodh Sidi Cheikh, et publiée ce samedi 30 janvier sur son compte Facebook officiel.

Dans sa lettre, l'activiste a d'abord raconté son transfert vers sa nouvelle prison « dans un fourgon lors d’un voyage qui a duré plus 9h et escorté par 8 (huit) véhicules 4X4 de la gendarmerie ». Nekkaz a passé tout le trajet « menotté » sous « un froid glacial dans le fourgon car il n’y avait pas de chauffage ».

À son arrivée, l'homme politique a été « immédiatement placé en isolement total avec une cour de 2M sur 2M » dans la prison d’El Abiodh Sidi Cheikh. Un endroit que Rachid Nekkaz a comparé à la prison de Tazmamart au Maroc, « prison secrète située dans une zone désertique » et qui servait de « mouroir pour les opposants politiques du défunt roi Hassan II, et dont les conditions d'incarcération étaient très difficiles voire inhumaines ».

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Emprisonné pour avoir réclamé « un changement pacifique en Algérie »

Par ailleurs, Rachid Nekkaz a voulu dénoncer l'injustice qu'il subit, en tenant le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati comme responsable de ses déboires. Il estime être « dans une situation moins favorable » que les « huit terroristes de Daech » que « Zeghmati avait incarcéré à la prison de Koléa à l’image de la prison de Guantanamo ».

Le détenu politique écrit du fond de sa cellule qu'il ne comprend pas comment il s'est retrouvé dans cette situation « alors que je n'ai tué ni volé personne dans ma vie et que j’ai mené durant plusieurs années un combat pour un changement pacifique en Algérie et contre la corruption pour une Algérie nouvelle ».

Rachid Nekkaz pointe du doigt « les abus de pouvoir de Zeghmati »

Nekkaz a estimé que le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati « poursuit ses abus de pouvoir et met en œuvre son machiavélisme dans le but de m’isoler totalement, de mes 85 avocats en charge de ma défense, en m’envoyant croupir dans une prison à 756 km d’Alger dans le désert ». Et ce, en dépit de son état de santé, « au plus mal qui se dégrade de jour en jour car j’ai un début de cancer de la prostate et un kyste de 19mm dans le foie à potentiel malin ».

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Mais malgré cela, l'ex-candidat à la présidentielle de juillet 2019 affirme qu'il maintient « la grève de la faim de 29 jours pour sauver et changer l’Algérie qui commencera le vendredi 19 février 2021, jour anniversaire du déclenchement du Hirak à Khenchela ». Et de conclure sa lettre : « Je n'ai pas peur de mourir car ceux qui sont libres et qui ont des convictions n'ont pas peur de mourir pour sauver et changer l’Algérie ».

Rachid Nekkaz est poursuivi pour incitation à attroupement non armé et publication sur Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national. Mais l’accusation la plus grave qui pèse sur lui, c’est celle qui stipule l’incitation à porter des armes contre des représentants de l’Etat.

https://www.facebook.com/nekkaz2019/posts/10158159147958681

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