L'ancien président tunisien Moncef Marzouki s'est attaqué encore une fois à l'Algérie l'accusant de s'être ingérée dans les affaires tunisiennes durant les événements dits du printemps arabe. Cette sortie a fait réagir le ministère des Affaires étrangères de la Tunisie qui a tenu à dénoncer les propos. Le mouvement Ennahdha, à travers son président Rached Ghannouchi, s'en est également démarqué.

« Les autorités algériennes ont combattu la révolution tunisienne et lui ont été hostiles pendant ses premières années. Ce qu’a enduré la révolution tunisienne de la part de l’Algérie n’est pas moindre que ce que lui ont fait subir les Émiratis, même si c’était d’une manière différente », a déclare Moncef Marzouki à la chaîne satellitaire Al Khaleej.

Le président tunisien durant la période 2011- 2014 a ajouté qu'il avait rencontré son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika. "Je lui ai expliqué que la révolution tunisienne était une affaire interne" a-t-il souligné.

Cette sortie médiatique, qui a soulevé une vive polémique tant en Algérie qu'en Tunisie, n'est pas passée sous silence du côté du gouvernement tunisien. Ce dernier a, en effet, réagi à travers son ministère des Affaires étrangères qui a rendu public un communiqué mardi 2 février.

"Ces déclarations n'engagent que leurs auteurs"

« Le ministère réitère son rejet catégorique de toutes les tentatives désespérées qui visent à nuire aux liens solides, profonds, fraternels et stratégiques entre la Tunisie et l’Algérie », peut-on lire dans le dit communiqué.

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Tout en exprimant son étonnement, le même département affirme que "ces déclarations n'engagent que leurs auteurs". Ils "ne réussiront en aucune manière à saper les relations exemplaires entre la Tunisie et l’Algérie, qui ne cessent de se développer grâce à la volonté sincère des dirigeants des deux pays », rassure le même ministère.

De son côté, le mouvement Ennahda, via son président Rached Ghannouchi, a mis en garde contre toute tentative visant à déstabiliser les relations entre l'Algérie et la Tunisie. "Nous ne tolérerons, dans l'intérêt de la Tunisie, aucune atteinte à la relation stratégique qui nous lie à nos frères algériens", a déclaré en effet Rached Ghannouchi lors d'une entrevue accordée à Radio Algérie internationale (RAI).

Il a également affirmé que la relation entre les deux pays voisins était "à l'avant-garde des relations internationales et régionales, étant une relation stratégique, et nous sommes reconnaissants à nos frères algériens, Etat et peuple, pour avoir été aux côtés des Tunisiens dans les moments difficiles".

Le démenti du chef d'Ennahda

Rached Ghannouchi a balayé ensuite d'un revers de la main les propos de l'ex président tunisien. "La Tunisie s'est engagée dans une période de transition démocratique, durant la décennie de l'étape post-Révolution, une étape semée d’embûches et de difficultés. Le soutien assuré par l'Algérie à la Tunisie lors de notre transition démocratique s'est caractérisé par des dons et des crédits et même par les millions d'Algériens qui ont insufflé une dynamique à la vie touristique et économique de notre pays au moment où les pays européens nous ont abandonné en période de troubles", a-t-il soutenu.