L’islamologue algérien Saïd Djabelkhir s'est exprimé sur la plainte déposée contre lui devant le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Il a fait part, dans une interview parue ce jeudi 11 février dans le journal Liberté, de son étonnement suite à l'acceptation de la plainte sans que le juge d’instruction l'entende.

L'islamologue a, en effet, exprimé sa surprise du fait que la plainte a été acceptée. « Je suis surpris de faire l’objet d’une telle procédure parce que les juges ne sont pas compétents en matière de religion », a indiqué Saïd Djebelkhir, en donnant l'exemple de l'Égypte. Un pays, où, fait-il remarquer, « quand il s’agit de ce genre d’affaires, les magistrats demandent toujours des rapports détaillés sous forme d’éclairage de l’institution d’El-Azhar », rappelant que « le juge n’est pas formé dans le domaine religieux ».

L'islamologue s'est également expliqué sur le fond de la plainte : « Je suis accusé d’atteinte à la  religion et au prophète selon l’article 144 bis 2 du Code pénal, et ce, sur la base de quatre de mes publications sur Facebook. Seulement, le PV d’instruction est négatif, car aucune de ces publications n’a été trouvée sur mon compte Facebook ».

L'influence de l'école, des médias et des réseaux sociaux

Par ailleurs, Saïd Djabelkhir a regretté la place que prend de plus en plus le courant islamiste radical en Algérie. Il souligne que l'intégrisme religieux prend de l'ampleur en raison, notamment, de « l’influence de l’école et des programmes scolaires, et là, estime-t-il, nous avons besoin d’un changement radical, car notre école est encore loin d’être une école républicaine au vrai sens du terme ».

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Il relève aussi « l’influence des médias dont certains deviennent de moins en moins professionnels et versent dans le sensationnel, l’émotionnel et le religieux ». Selon lui, « la plupart des médias vendent le religieux comme un produit de consommation et non comme une matière sur laquelle on doit réfléchir pour se forger une opinion libre ». L'islamologue conclut, dans ce chapitre, qu'« il y a aussi l’influence des réseaux sociaux et du discours religieux officiel qui demeurent très loin des besoins et des questionnements de l’homme moderne, ici et maintenant ».

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