Après plusieurs semaines d'absence, Abdelmadjid Tebboune est revenu au pays. Ce retour annonce le dégel de l'activité politique et l’imminence de certaines annonces pour tenter de faire sortir le pays de sa léthargie. Le chef de l'Etat a rencontré, samedi, trois chefs de partis politiques. Il s'agit de Abdelaziz Belaïd, président du Front El-Moustakbel, Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, ainsi que Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El Binaa.

Ces rencontres ont eu pour ordre du jour l'organisation de législatives anticipées, selon les invités de Tebboune. Abdelaziz Belaïd a même annoncé la dissolution de l'APN dans les jours à venir. Une dissolution déjà annoncée en mars 2020 par Mohamed Laâgab, chargé de mission à la présidence avant qu'il ne soit remercié.

Ainsi, Abdelmadjid Tebboune maintient sa feuille de route en dépit de son rejet par une grande partie du peuple. Un rejet exprimé par le boycott massif du référendum sur la Constitution. En recevant des partis politiques acquis à ses thèses, le chef de l'Etat envisage un passage en force,  comme lors de la présidentielle de décembre 2019 et du référendum de novembre 2020. Il envoie ainsi un message clair à l'opposition pour lui signifier que seule la feuille de route de la présidence est prise en compte.

Abdelmadjid Tebboune tente également de constituer une nouvelle alliance qui lui permettra de contrôler la prochaine APN, même si les partis sur lesquels il s'appuie n'ont pas d'assise populaire conséquente. Djil Djadid, le Front El-Moustakbel ainsi que le mouvement El Binaa ne sont que des partis microscopiques n'ayant qu'une existence médiatique.

Vers un remaniement ministériel ou un changement de gouvernement ?

La décision d'organiser des législatives anticipées ne fait aucun doute. Elle a même été entérinée dans le dernier édito de la revue El Djeïch qui a appelé les partis politiques à participer massivement à ces joutes électorales. Avant cette échéance, la question du remaniement ministériel revient avec insistance. La nomination d'un nouveau Premier ministre, avec une nouvelle équipe pour absorber la grogne sociale, n'est pas à écarter.

Abdelmadjid Tebboune en a d'ailleurs fait allusion avant son départ en Allemagne. Il a remis en cause l'efficacité du gouvernement qu'il a lui-même nommé. Ainsi, dans cette conjoncture de crise multidimensionnelle que traverse le pays, des solutions urgentes sont attendues pour éviter l'explosion sociale.

Le chef de l'Etat est aussi attendu sur d'autres sujets. Il s'agit des détenus d'opinion qui croupissent dans les prisons, de la liberté de la presse, avec la levée de la censure sur les sites bloqués, dont Observ’Algérie, ainsi que de l'ouverture du champ politique. Des conditions sine qua non pour installer un climat politique serein.

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