La ville de Kherrata, à Bejaïa, en Kabylie, a connu une effervescence particulière ce mardi 16 février. Une grande marche est organisée pour célébrer le 2e anniversaire du Hirak. Des milliers de personnes ont afflué vers la ville depuis lundi soir. Les manifestants se sont regroupés par centaines au centre-ville, très tôt ce matin.

Ainsi, la ville emblématique d'où le Hirak a été lancé un certain 16 février 2019 a renoué avec les marches pacifiques. La ville était déjà noire de monde à 11 heures, l’heure prévue pour le coup d'envoi de cette marche. Pour commémorer ce deuxième anniversaire du Hirak, plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement à Kherrata. Il s'agit notamment de Mohcine Belabbes, président du RCD, de Karim Tabbou, ancien détenu politique, de l'avocat Mustapha Bouchachi, et de Zoubida Assoul, avocate et présidente l'Union pour le changement et le progrès (UCP).

Les slogans antisystème en force

Le cortège imposant a démarré peu de temps avant l'heure prévue, les marcheurs ayant été impatients de battre le pavé. Tout le long du parcours, ces derniers ont scandé des slogans chers au Hirak et hostiles au pouvoir en place. Ils ont revendiqué, entre autres, la libération des détenus politiques et l’instauration d’un Etat de droit. Les citoyens ont exprimé, à l’occasion, leur détermination à reprendre le mouvement de protestation populaire, rappelant que le régime en place n’est pas issu de la volonté populaire.

Les marcheurs ont également crié le nom du journaliste Khaled Drareni, dont ils exigent la libération, tout comme ils ont rappelé qu’ils tiennent toujours à ce que le « système dégage ». Les manifestants, drapés du drapeau algérien et de l’emblème amazigh, ont entonné : « Pouvoir assassin », « Kolna el-îssaba trouh » (On a dit : la bande partira), « Libérez les détenus d’opinion » et « Mazalagh d Imazighen » (Nous sommes toujours des Amazighs), etc. D'autres mots d'ordre, tels que « Waynek ya âadala ? « (Où es-tu, justice ?) et « Abane khella wsaya, madania, matchi âaskaria »(Abane a laissé un testament : État civil et non militaire), ont été également repris par les protestataires.

Cette marche réussie à Kherrata est un signe du retour du mouvement populaire. Il faut s'attendre à ce que le 22 février soit célébré de la même manière sur tout le territoire national.

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