Depuis la prison, l’activiste et homme politique algérien Rachid Nekkaz appelle l'ensemble des militants du Hirak ainsi que les prisonniers d'opinion en Algérie à observer avec lui une grève de la faim de 29 jours. L'objectif de cette démarche est d'installer « un gouvernement de transition de la République algérienne » capable de « mettre fin à la misère sociale en Algérie », explique-t-il dans une lettre publiée, ce jeudi 18 février, par le collectif de défense sur la page Facebook de l’activiste.

Dans un long message publié sur sa page officielle, l’homme politique et fondateur du Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC), Rachid Nekkaz, indique qu'il entamera, à partir de ce vendredi 19 février, « une grève de la faim dans le cadre d'une stratégie pacifique pour changer l'Algérie ». À l'occasion, Nekkaz a invité « les militants du Hirak et des prisonniers d'opinion à l'imiter partout en Algérie » afin de concrétiser ce qu'il appelle « le ramadan des libertés », en référence au mois de jeûne observé par les musulmans.

En plus de la grève de la faim, l'ex-candidat à la présidentielle de 2019 a appelé les commerçants, les administrations, les consulats et les ambassades à une grève générale et à l'organisation de marches quotidiennes dans les villes « chefs-lieux ». Il a aussi exhorté les avocats, les juges et les intellectuels à soutenir cette grève générale nationale.

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Rachid Nekkaz veut « un gouvernement de transition » pour « mettre fin à la misère sociale en Algérie »

Nekkaz estime qu'« il faut changer la stratégie des marches du vendredi et du mardi à l’infini et la remplacer par 29 jours d’actions continues dont cinq (5) vendredis, de grèves générales et totales des commerces ainsi que des administrations avec des marches quotidiennes concentrées et massives dans les villes » algériennes.

L'homme politique pense qu'« après 29 jours de mobilisation, l’objectif final de cette stratégie sera d’amener le régime, dans le cadre d’un consensus avec toutes les forces vives du pays pour transformer le pouvoir, à signer le vendredi 19 mars 2021 les ACCORDS D’EL MOURADIA avec le futur GTRA (Gouvernement de Transition de la République Algérienne) ». Un gouvernement de transition qui sera composé, selon lui, de « personnalités nationales respectées », « d’avocats du HIRAK » ainsi que « de technocrates dans les tous les domaines dont les finances ». Par cette initiative, Rachid Nekkaz dit vouloir « installer un véritable État de droit et mettre fin à la misère sociale en Algérie ».

En prison depuis plus d’une année, Rachid Nekkaz est poursuivi pour « incitation à attroupement non armé » et « publications sur Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national ». Mais l’accusation la plus grave retenue contre lui c'est celle d'« l’incitation à porter des armes contre des représentants de l’Etat ».

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Dans une lettre précédente, il avait révélé, toujours à partir de sa cellule de la prison d’El Abiodh Sidi Cheikh, dans la wilaya d’El Bayadh, que son état de santé était « au plus mal », révélant souffrir d'un « début de cancer de la prostate » et d'un « kyste de 19mm dans le foie à potentiel malin ».

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