Une dizaine de détenus du Hirak ont été libérés, ce vendredi 19 février, après la grâce présidentielle annoncée par Abdelmadjid Tebboune. La remise en liberté devrait concerner une soixantaine d’activistes et militants.

Le Comité national de libération des détenus (CNLD) a informé sur Facebook que 12 activistes du Hirak avaient été libérés jusqu’à 15h30. D’autres sont attendus dans la soirée. Ces libérations ont notamment eu lieu dans les wilayas de Bordj Bou Arreridj, Tébessa, M’sila, Saïda ainsi que dans le Sud du pays, Tamanrasset et Adrar.

Il s’agit de Badi Allal (Tamanrasset), Lahcen Ben Cheikh (Bordj Bou Arreridj), Mohamed Naïli (Tébessa), Allal Kadari et Kouider Becharef (Saïda), Mohamed Athmane (M’Sila), Touhami Abdelmalek (In Salah), Ali Mokrane (Chlef), Mohamed Amine Belmokhtar (Alger), Sofiane Slimani (Oued Souf), Aïssam Sayeh (Tlemcen) et Nabil Bahloul (Bordj Bou Arreridj).

Lors de son discours à la nation, Abdelmadjid Tebboune avait prononcé une grâce présidentielle en faveur de détenus du Hirak. Cette grâce concerne une trentaine de détenus dont le jugement a été déjà rendu par la justice, en sus d’une soixantaine autres, dont le jugement n’a pas encore été prononcé. Un tweet de la présidence algérienne a précisé que la mesure concernait les « auteurs de crimes liés aux technologies de l’information et de la communication ».

Selon le CNLD, quelque 70 personnes sont actuellement en prison pour une raison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90 % des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.

Khaled Drareni n’est pas encore libéré

Devant la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger, des dizaines de militants, journalistes et familles se sont réunis depuis le matin pour attendre les personnes qui ont été libérées.

Parmi les prisonniers de Koléa figure le journaliste Khaled Drareni, devenu l’un des symboles du Hirak et du combat pour la liberté de la presse en Algérie. Le journaliste, condamné à deux ans de prison en septembre, devrait être libéré d’un moment à l’autre.

Début de la grève de la faim de Rachid Nekkaz

L’homme politique et fondateur du Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC), Rachid Nekkaz, aurait entamé, vendredi, une grève de la faim. Dans une déclaration rendue publique de ce vendredi sur sa page Facebook, Rachid Nekkaz maintient sa décision d’entamer, à partir d’aujourd’hui, une grève de la faim d'un mois.

Atteint d’un début de cancer de la prostate, Rachid Nekkaz est en prison depuis plus d’une année. Des membres de sa famille et des activistes ont annoncé, également, une grève de la faim en solidarité avec l’homme politique. Ils réclament sa libération pour qu'il puisse se soigner.

Rachid Nekkaz est poursuivi pour « incitation à attroupement non armé » et « publications sur Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national ». Mais l’accusation la plus grave retenue contre lui c’est celle d’« l’incitation à porter des armes contre des représentants de l’Etat ». Personne ne sait encore si son nom figure parmi les détenus d’opinion concernés par la grâce présidentielle. Ses avocats ne se sont pas encore exprimés sur le sujet.

Rachid Nekkaz décide de saisir l’ONU

Par ailleurs, Rachid Nekkaz, actuellement incarcéré à la prison de Labiodh Sidi Cheikh, dans la wilaya d’El Bayadh, a fait part de sa décision de saisir le Comité des droits de l’Homme de l’ONU, pour dénoncer sa « non prise en charge médicale ».

L'homme politique affirme avoir « demandé à ses avocats de saisir l’ONU pour non-assistance à personne en danger et abus de pouvoir », rappelant qu’il est atteint « d’une hypertrophie de la prostate ». La plainte auprès du Comité des droits de l’Homme de l’ONU sera dirigée « contre le directeur général des prisons qui est le responsable de la falsification de son dossier médical à Koléa, contre le procureur général d’El-Bayadh qui a couvert cette falsification du dossier médical et contre Belkacem Zeghmati qui est le donneur d’ordre de cette falsification. »

Selon Rachid Nekkaz, des médecins lui ont confirmé que son dossier médical « a été falsifié ». « Ces six médecins ont confirmé que mon dossier médical, établi lors de mon incarcération à la prison de Koléa, a bien été falsifié avec des analyses de sang “non conforme” écrit au stylo et une analyse du PSA de la prostate indiquant un nom masqué avec un correcteur de couleur blanche qui ne m’appartient pas », assure-t-il.