Que se passe-t-il au sommet de l'Etat algérien ? Les Algériens sont décontenancés par la cacophonie qui y règne, particulièrement depuis le discours du chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, prononcé jeudi 18 février. Trois jours plus tard, le locataire d'El Mouradia donne l'image d'un responsable qui a des difficultés à appliquer ses propres décisions.

En effet, dans son discours de jeudi 18 février, Abdelmadjid Tebboune a annoncé sa décision d'opérer un remaniement ministériel « dans les 24 ou 48 heures ». 72 heures plus tard, le remaniement n'a pas eu lieu. Mieux encore (ou pire), la présidence a programmé, bizarrement, un Conseil des ministres pour ce dimanche 21 février pour on ne sait quel motif.

Ce Conseil des ministres n'est pas censé être utile dans la mesure où des ministres devraient quitter le gouvernement dans les jours, voire les heures qui viennent. Mais il a quand même été programmé avant qu'il ne soit reporté.

Un étrange Conseil des ministres programmé et reporté aussitôt

Qui a décidé de la programmation et qui a décidé du report ? La présidence ne le dit pas, mais les observateurs pensent naturellement à un désaccord au sommet de l'Etat. Cette cacophonie montre, en effet, qu'il y a de la résistance aux décisions de Abdelmadjid Tebboune. Comme si l'on tentait de remettre en cause ses prérogatives. Est-ce la guerre des clans qui se poursuit au sommet de l'Etat ? Dans les arcanes du pouvoir ?

En tout état de cause, cette remise en cause dans les prérogatives du chef de l'Etat était déjà visible dans son discours de jeudi. On pouvait le voir déjà dans l'approximation qui a caractérisé cette décision. En fait, il a annoncé un remaniement avec un délai approximatif qui n'est pas compatible avec sa fonction présidentielle.

Abdelmadjid Tebboune est censé être le premier magistrat du pays et chef suprême des forces armées. Il décide de tout et pour tout quand il le veut. Il aurait pu annoncer la date exacte choisie pour le fameux remaniement. Mais il ne l'a pas fait, donnant l'image de quelqu'un qui ne décidait pas de tout ou qui attendait une autorisation ou une bénédiction.

La dissolution de l'Assemblée pour quand ?

Cette imprécision, les Algériens l'ont vue même dans la question de la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée dans le discours. Le chef de l'Etat n'a donné aucune précision sur la date de la dissolution. Surtout que cette date est liée à la tenue des élections législatives anticipées découlant de la décision.

Abdelmadjid Tebboune a-t-il les coudées franches dans la mise en œuvre de sa feuille de route ? Est-ce réellement sa feuille de route ? De nombreux indices montrent que ce n'est pas le cas. Parmi ces indices, figurent la libération de certains détenus et pas d'autres, sachant que le critère de la condamnation définitive n'a pas été respecté par les institutions chargées de libérer les détenus d'opinion. L'arrestation d'activistes le jour même de la libération de certains détenus figure également parmi ces indices qui montrent que, comme son prédécesseur, Tebboune lutte toujours pour ne pas être un 3/4 de président.

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