Le front Polisario qui a toujours contesté les accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne porte l’affaire devant la justice. En effet, la Cour européenne de justice (CJUE) va se pencher une nouvelle fois sur ce dossier, les 2 et 3 mars prochains. Le Sahara occidental met en cause des accords UE-Maroc permettant à Rabat d’exporter tomates, melons et poissons de l’ancienne colonie espagnole.

Ainsi, deux audiences sont prévues les 2 et 3 mars devant la 9e chambre de la Cour européenne de justice. Après ces audiences, la CJUE « devrait rendre son délibéré dans plusieurs mois », selon le porte-parole de l’institution établie au Luxembourg.

Le Front Polisario a fait appel à cette juridiction afin de stopper le « pillage des ressources naturelles de son territoire ». Il s’agit « principalement de l’agriculture d’exportation, le phosphate, la pêche et le tourisme » a expliqué l’avocat français Gilles Devers, chargé du dossier à l’AFP. Quant au Maroc, et cela malgré les résolutions de l’ONU, il compte défendre un partenariat avec l’union européenne qu’il considère légitime.

Un procès dans une conjoncture particulière

Ce procès vise principalement l’Union européenne qui continue d’acheter des produits venant des territoires occupés en dépit du droit international. Il intervient dans une conjoncture où les hostilités ont repris entre le Maroc et le front Polisario.

Le Maroc contrôle plus de 80% à l’ouest, le Front Polisario moins de 20% à l’est, le tout étant séparé par un mur de sable et une zone tampon. Une zone est sous contrôle des casques bleus de l’ONU. Cette ligne de démarcation a été le théâtre d’affrontements entre les deux parties ces dernières semaines.

Après près de 30 ans de cessez-le-feu, les tensions ont resurgi en novembre 2020 quand le Maroc a déployé ses troupes dans une zone tampon de l’extrême sud du Sahara occidental, pour chasser des Sahraouis qui bloquaient la seule route commerciale vers l’Afrique de l’Ouest, qu’ils considèrent illégale.

Lire aussi : Maroc-Sahara occidental : Le ministère des Affaires étrangères s’exprime de nouveau