La France a réagi à demi-mots à la mise en garde adressée par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer, au bureau de la chaîne française France 24 en Algérie. En réponse à une question sur cet avertissement, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a affirmé, ce lundi 15 mars, que la France défendait la liberté de la presse partout dans le monde 

« Le ministre algérien de la Communication menace la chaîne de télévision internationale France 24 de "retrait définitif" d’accréditation en raison, selon lui, de son "parti pris flagrant" dans la couverture du Hirak. Quelle est la réaction de la France ? Avez-vous protesté auprès des autorités algériennes ? » A cette question de l'AFP, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a répondu que « la France défend la liberté de la presse partout dans le monde, ainsi que la sécurité des journalistes et de tous ceux dont l’expression concourt au débat public », rappelant que « la liberté d’informer est un droit fondamental, qui doit partout être protégé ».

Ainsi, la responsable française est restée vague dans sa réponse. Elle a évité de répondre à la deuxième partie de la question, laissant planer le flou quant à la position française dans cette « affaire ».

La mise en garde de Ammar Belhimer

Il faut rappeler que le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, avait adressé une mise en garde au bureau de la chaîne française France 24 en Algérie, le 13 mars. Le ministère avait expliqué que cet avertissement intervenait suite à la diffusion de reportages et de programmes jugés « attentatoires à l’Algérie ».

Le ministère accuse la chaîne télé de mener « des activités qualifiées de subversives et non professionnelles à l’encontre du pays ». Il lui est notamment reproché son « parti pris flagrant » dans « dans la couverture des marches du vendredi (…), allant jusqu’à recourir sans retenue aucune à des images d’archives pour les antidater afin de porter secours à résidu antinational constitué d’organisations réactionnaires ou séparatistes, aux ramifications internationales ». Le ministère de la Communication avait souligné qu’un « dernier avertissement avant retrait définitif de l’accréditation a été adressé à France 24 ».

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