Le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs a émis, dimanche 22 mars, des mandats d’arrêt internationaux contre les activistes du Hirak établis à l’étranger, à savoir Mohamed Larbi Zitout, responsable au sein du mouvement islamiste Rachad, le youtubeur Amir Boukhors, alias Amir Dz, l’ex-officier du DRS et journaliste Hicham Aboud, ainsi que d’autres personnes moins connues. Ils sont accusés de terrorisme par justice algérienne.

Selon un communiqué du procureur, c’est une enquête sur un certain Ahmed Mansouri, mis sous mandat de dépôt le même jour, qui a mené vers les activistes en question. Il s’agit « d’une grave affaire pénale d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité et la stabilité du pays, une affaire en cours de traitement judiciaire après de profondes investigations menées pendant plusieurs mois ayant permis d’identifier ses commanditaires, parmi eux des activistes sur la toile ».

En fait, les commanditaires activistes sur la toile ne sont que Zitout, Amir Dz et Aboud. D’ailleurs, le communiqué précise que Ahmed Mansouri a rencontré à plusieurs reprises Mohamed Larbi Zitout « dans des pays voisins ». Aussi, les investigations ont révélé que le dirigeant de Rachad a reçu « des sommes importantes utilisées sous le couvert des sociétés pour le financement des activités secrètes du mouvement Rachad ». Ils devaient mettre sur pied des plans d’atteinte à l’ordre public, notamment l’exploitation du Hirak dans l’objectif de le faire sortir de son caractère pacifique, accuse encore le procureur de la République.

Ancien membre du FIS et des groupes terroristes

Il importe de relever que Ahmed Mansouri est présenté comme un ancien membre du FIS ayant rejoint les groupes terroristes en 1994. Selon la même source, il a été condamné à la peine capitale mais il bénéficiera plus tard des dispositions de la Concorde civile. Après plusieurs mois d’investigations autour de ses activités suspectes dans le cadre notamment d’une société spécialisée dans l’importation et l’exportation de pièces détachées des imprimantes et d’achat et de vente de véhicules, il a été arrêté le 28 février, sur la base des preuves collectées contre lui.

« Une fois confronté aux preuves techniques, il a reconnu tous les faits », ajoute le communiqué du parquet qui ne manque pas de préciser qu’il est poursuivi « pour appartenance à un groupe terroriste visant la sécurité et l’unité nationales, financement d’un groupe terroriste, faux et usage de faux, usage d’un nom d’un tiers dans des circonstances qui ont déterminé l’inscription d’une condamnation au casier judiciaire et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle organisée ».

Larbi Zitout chef d’un groupe terroriste ?

Quant à Mohamed Larbi Zitout, le parquet le poursuit pour “gestion et financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, faux et usage de faux et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle”. En d’autres termes, Zitout est accusé d’être le chef du groupe terroriste dont il est question.

Pour ce qui est de Hicham Aboud, Amir Dz et un certain Mohamed Abdellah, ils sont “poursuivis pour adhésion à un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle”.

Il faut dire que cette information correspond parfaitement à celles avancées, mercredi 17 février, par un ancien terroriste, en l’occurrence Hassan Rezkan, alias Abou Dahdah. Ce dernier avait parlé d’un plan visant à radicaliser le mouvement populaire Hirak. Mais sa sortie a été accueillie avec beaucoup de sarcasme, particulièrement par les activistes et autres militants impliqués au sein du Hirak. Pour ces derniers, c’est un plan fabriqué de toute pièce avec un seul objectif, celui de casser le Hirak.

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