L’activiste Dalila Touat a déposé une plainte pour intimidation, menace et mauvais traitement subis en prison. C’est ce que rapporte le journal francophone Liberté dans son édition de samedi 27 mars. « Le mauvais traitement concerne le non-suivi médical de ma grève de la faim », explique l’ex-détenue dans un post sur les réseaux sociaux.

En portant l’affaire devant la justice, Dalila Touat, qui a retrouvé récemment sa liberté, indique « vouloir mettre chacun devant sa conscience et ses responsabilités ». Elle dénonce ses conditions de détention à la prison de Aïn Tedlès, à Mostaganem.

« À deux reprises, j’ai dû recourir à la grève de la faim pour protester contre ces humiliations. À aucun moment, l’administration pénitentiaire n’a jugé utile de dépêcher un médecin pour s’enquérir de ma santé », s'insurge-t-elle. La militante des droits de l’Homme avait passé un séjour carcéral d’un mois avant d’être remise en liberté provisoire.

En janvier, alors qu'elle était encore en prison, Dalila Touat avait décidé d’entamer une grève de la faim pour dénoncer les conditions de son incarcération. En février, l’enseignante a finalement bénéficié de la décision présidentielle de gracier des détenus du Hirak condamnés définitivement et de remettre en liberté provisoire ceux en instance de jugement et les condamnés en première instance.

Le 17 mars dernier, la Cour d’appel de la wilaya de Mostaganem a condamné l’activiste à deux mois de prison avec sursis et 20 000 dinars d’amende. La militante des droits de l’Homme a vu ainsi ses deux précédentes peines sensiblement réduites.

Elle avait écopé de deux années de prison ferme en novembre 2020 pour perturbation du Référendum sur la Constitution et outrage à fonctionnaire. En janvier dernier, elle sera condamnée à 18 mois de prison ferme et à une amende de 10 millions de centimes pour « outrage à fonctionnaires et institutions de l’État », « diffamation » et « publications portant atteinte à l’ordre public ».