Nordine Aït Hamouda a plaidé pour l'ouverture d'un débat national sur la refondation de l'Etat algérien. L'ex-député, qui s'est exprimé samedi 27 mars à l’occasion de la commémoration du 62e anniversaire de la mort de son père, le colonel Amirouche, a plaidé pour un « consensus patriotique » pour sortir de la crise que traverse le pays. 

L'ancien député indépendant a d'emblée rappelé l'organisation de la Révolution algérienne. Il a indiqué que « si le système des régions a permis à la Révolution algérienne d’aboutir à l’indépendance et à l’ANP d’être une institution forte, on pourra parier que ce sera une aubaine pour le développement du pays ».

Nordine Aït Hamouda a souligné que le pouvoir doit avoir le courage de se prononcer sur la refondation de l'Etat et d'ouvrir un débat national sur la réorganisation du territoire algérien. Il a déclaré : « Nous sommes au carrefour du destin de la nation. Soit nous agissons en adulte, en assumant le projet d’une société démocratique, soit nous agissons en éternels colonisés, complexés, et nous sortirons par la petite porte de l’histoire ». Il conclut sur cette question que « seul un consensus patriotique, élevant l’Algérie au-dessus de tout calcul, pourra nous sortir des errements passés et présents ».

« Nous ne les laisserons jamais voler aux jeunes Algériens leur révolution »

Par ailleurs, l'ancien député s'est également exprimé sur le Hirak. « Nous ne les laisserons jamais voler aux jeunes Algériens leur révolution », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Ce Hirak sera démocratique et libérateur, ou ne sera pas. Il est exclusivement algérien, et ce ne seront ni la France, ni la Turquie, ni le Qatar, ni les Émirats, ni l’Égypte qui en dicteront la conduite ». Nordine Aït Hamouda a également dénoncé « le retour des slogans des années 90 ». Ce qu'il interprète comme « un signe du redéploiement intégriste voulu et soutenu par des cercles islamistes ».

Nordine Aït Hamouda appelle à la libération de Ali Ghediri

Par ailleurs, l'ancien député a lancé un appel au chef de l'Etat pour libérer tous les détenus d’opinion sans exception. Il a notamment cité Ali Ghediri, qui est devenu, selon lui, l’illustration de l’injustice régnante. « La situation est grave et les solutions sont urgentes. On ne peut pas admettre qu’en 2021, l’Algérie emprisonne ses enfants pour leurs opinions », s'est-il insurgé. Nordine Aït Hamouda a également dénoncé les sévices pratiqués sur les détenus d'opinion : « Je ne peux pas croire qu’on 2021, des Algériens soient violentés et violés en prison ou dans les enceintes sécuritaires. La torture est à bannir et ses auteurs doivent être traduits devant la juridiction compétente », a déclaré l'ancien député.

En ce qui concerne la déclaration du ministre du Commerce sur l'obligation de transcrire uniquement en arabe les enseignes des commerces, Nordine Aït Hamouda s'est contenté d'un commentaire sarcastique : « Nous avons un gouvernement issu de l’Ansej ! » a-t-il lâché.

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