Les autorités algériennes avaient affiché leur volonté de vacciner au moins 70% de la population pour briser la chaîne de transmission du coronavirus. Pour atteindre ce pourcentage, les spécialistes de la santé ont expliqué qu’il fallait 40 millions de doses de vaccin. Cependant, cet objectif très ambitieux s'annonce irréalisable. En effet, après deux mois du début de la campagne de vaccination, l’Algérie n'a pu vacciner que 0.17 % de sa population, faute de vaccins.  

L’Algérie se retrouve parmi les derniers pays en ce qui concerne la campagne de vaccination. Le pays accuse un retard énorme, malgré les engagements des responsables. Ces derniers ne donnent aucune explication sur la pénurie des vaccins. Pourtant, les autorités ont, à maintes reprises, annoncé l'arrivée de nouvelles doses en nombre suffisant. Elles avaient affirmé que 1,8 million de doses du Covax devaient être réceptionnées en février dernier, en plus de celles (Sputnik) en attente de livraison. 

Ainsi, hormis les premiers arrivages, enregistrés fin décembre 2020 et janvier 2021, aucun autre lot n’a été réceptionné jusque-là, alors que le ministère de la Santé avait déclaré, par le biais de la directrice générale de la Pharmacie, Hadjoudj Wahiba, que des quantités importantes de vaccins allaient arriver à la fin du mois de février. Elle avait déclaré à l'APN que « le quota de l’Algérie du vaccin contre le virus dans le cadre du groupe Covax oscille entre 12 et 16 millions de doses, dont 35% seront réceptionnés comme premier lot, vers la fin février ».

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Elle avait également assuré que « l’Algérie recevra au courant de ce mois de mars 1,8 million de doses de vaccin anti-Covid-19 dans le cadre du mécanisme Covax ». Un mois après cette annonce, aucune trace de ces arrivages.

Un retard qui porte préjudice aux citoyens

Les praticiens de la santé ont dénoncé le retard pris dans cette campagne. Bekkat Berkani avait affirmé que « la responsabilité du ministère est totalement engagée, dans la mesure où il s’est longtemps confiné aux mesures prudentielles (dans la commande des vaccins, ndlr) en comptant sur le système Covax. La vaccination est stratégique et on nous a fait rater le coche. Maintenant, les responsabilités doivent être déterminées ».

Il avait également précisé qu'« on n’a pas prévu d’acheter les vaccins au moment où il le fallait. Il a fallu que le président de la République, en convalescence en Allemagne, dise qu’il faut vacciner en janvier. Hélas, c’était trop tard. Tout le monde avait acheté ».

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