Le journaliste Arezki Aït Larbi a accusé certains activistes du Hirak de négocier dans l'ombre afin de peser de leur poids en faveur du projet de société des islamistes. Le détenu du Printemps berbère est revenu, dans une longue contribution, parue ce jeudi 1er avril dans le journal Liberté, sur les enjeux que traverse le Hirak. 

Le journaliste explique, d'emblée, qu'« après deux années d'une mobilisation sans précédent, la révolution citoyenne est dans l'impasse. Il est temps de clarifier les objectifs par un débat sans exclusive, mais sans concessions sur les droits et les libertés ». Il relève, à cet égard, la persistance de la dualité pouvoir - islamistes, arguant que « trente ans après les législatives avortées du 26 décembre 1991, le citoyen est, de nouveau, sommé de choisir son camp, avec ses camisoles, ses barbelés et ses miradors. Avec les islamistes, poursuit-il, qui auraient, dit-on, “évolué”. Ou derrière le pouvoir, qui déroule sa feuille de route contre la volonté populaire ».

Convergence entre la démarche de Tebboune et certains activistes du Hirak

Arezki Aït Larbi revient, dans sa contribution, sur certains éventements qui ont marqué le mouvement populaire en Algérie, ainsi que sur les tractations qui veulent donner une orientation au Hirak, selon lui. Il écrit : « De conciliabules de l'ombre contre “l'ennemi commun”, on est passé à l'allégeance assumée au grand jour. Dès son élection chahutée, Abdelmadjid Tebboune inaugurait son mandat par un symbole fort qui révélait ses intentions : une visite à Taleb Ibrahimi, inamovible baron du régime pendant un quart de siècle ». Le journaliste rappelle que « lors de la grève insurrectionnelle de mai/juin 1991, le FIS avait proposé ce parrain des islamo-conservateurs comme Premier ministre d'un gouvernement de transition ».

Arezki Aït Larbi ajoute :  « Cette inflexion, que le nouveau chef de l'Etat promettait de donner à la “nouvelle Algérie”, trouvera un écho parmi des “figures de proue du Hirak” qui rendront une ziara (visite) similaire à Ali Belhadj, le plus médiatique des chefs du FIS. Dans l'allégeance à l'islamisme, la convergence est consommée entre le président mal élu, et des activistes-Facebook que l'on tente de greffer dans le dos de la révolution citoyenne comme ses représentants de fait accompli. Seule varie la position du curseur ».

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