Le ministre algérien des Affaires religieuses et des Waqfs, Youcef Belmehdi, a effectué, dimanche 11 avril, une visite de travail dans la wilaya de Tizi Ouzou. Sur place et à l'occasion d'une rencontre au siège de la wilaya, il a « défendu » la Kabylie en dénonçant ceux qui portent atteinte à cette région.

Cette assertion intervient une semaine après l'information rapportée par un quotidien arabophone, selon laquelle des inconnus auraient saccagé et incendié une mosquée dans la localité de Tizi Gheniff. Annonçant l'ouverture d'une enquête dans cette mystérieuse affaire, Youcef Belmehdi a fait savoir que ceux qui veulent porter atteinte à la Kabylie cherchaient à déstabiliser l'Algérie.

Lors de cette rencontre qui a regroupé les imams et les responsables des zaouïas de la wilaya de Tizi Ouzou, le ministre des Affaires religieuses indique qu'il « y a ceux qui veulent blesser nos sentiments et nous convaincre qu'en Kabylie, il y a un rejet de la religion islamique ». Et de poursuivre : « Ce n'est que calomnie et mensonge », précisant que « la région est attachée au saint Coran et à la religion islamique et personne ne peut surenchérir sur la question ».

Le silence assourdissant du ministre

Cependant, beaucoup s'interrogent sur le silence assourdissant du même ministre quand la région était la cible de propos hostiles de la part d'hommes politiques connus. Les habitants de Kabylie considéraient ces propos comme des attaques contre eux et contre leur région et leur combat politique. Certains utilisent certains concepts pour dénigrer la Kabylie et/ou les Kabyles, notamment les mots « dechra » ou « zouaves ».

Les plus connus de ces personnages publics sont Abdelkader Bengrina, du parti islamiste El Bina, et Naïma Salhi du parti, non moins islamiste, PEP. Tant de fois, ils ont lancé des critiques jugées racistes envers les Kabyles. Et tant de fois encore, ils ont dénigré la langue amazighe, consacrée pourtant langue nationale et officielle dans la Constitution de l'Algérie.

Dans ce cas, le silence de Youcef Belmehdi reste incompréhensible chez de nombreux habitants de la Kabylie. Il a fallu qu'une allégation sur un saccage et un incendie dans une mosquée de la région fasse l'objet d'un article dans un journal pour que le ministre des Affaires religieuses prenne son bâton de pèlerin pour défendre l'islamité de la Kabylie.

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