Le collectif d’avocats de cinq activistes du Hirak détenus dans l’affaire du mineur Saïd Chetouane a dénoncé, ce mardi 13 avril, ce qu’il qualifie « d’amplification » du dossier par le procureur général. Le traitement « médiatique » de cette affaire a été également évoqué par les avocats des cinq jeunes, actuellement sous mandat de dépôt.

Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 13 avril à Alger, les avocats des cinq activistes du Hirak, sous mandat de dépôt depuis le 8 avril, ont dénoncé « une amplification du dossier par le procureur général près la Cour d’Alger et des médias ».

Selon ces avocats, Abdallah Heboul, Yamina Allili et Nassima Rezazgui, cités par le quotidien El Watan, « le Procureur général a affirmé que les prévenus étaient des repris de justice. C’est très grave, car les Mohamed Tadjadit et ses amis ont fait auparavant de la prison non pas pour des faits de délinquance, mais pour avoir participé au Hirak populaire. Ce sont des condamnés politiques ».

« Ce sont des condamnés politiques »

Pour rappel, le tribunal de Sidi M'hamed, à Alger a placé, le 8 avril, cinq activistes du Hirak arrêtés dans le cadre de l’affaire du mineur de 15 ans (S. C), qui a accusé des policiers de lui avoir fait subir des sévices après son interpellation lors d’une tentative de marche, samedi 3 avril, à Alger.

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Il s’agit des Mohamed Tadjadit, surnommé « poète du Hirak » et plusieurs fois détenu, Malik Riahi, également ancien détenu, Tarik Debachi, Soheib Debaghi et Noureddine Khimoud. Les cinq activistes ont été arrêtés dimanche 4 et lundi 5 avril, après l’éclatement de l’affaire du mineur Saïd Chetouane.

Pour Me Abdellah Heboul, « la simultanéité de la conférence de presse du procureur général et de la présentation de ces jeunes devant le juge d’instruction n’était pas innocente. Il y a comme une volonté de peser sur le dossier. C’est un précédent grave », dénonce-t-il.

Le traitement de l’affaire par certains médias dénoncé

Le collectif d’avocat des jeunes détenus a apporté, au passage, un démenti concernant les allégations de certaines chaînes de télévision privées qui ont accusé ces jeunes activistes de « déviation sexuelle » et « d’ouverture d’un lieu de débauche ». L’affaire du mineur Saïd Chetouane avait, pour rappel, suscité une large indignation chez l’opinion publique et les défenseurs des droits de l’Homme. Une affaire qui avait pris de l’ampleur avec plusieurs réactions de dénonciation au niveau international.

Dans un communiqué rendu public le 4 avril, Amnesty International réclamait l’ouverture une enquête sur cette affaire. « Amnesty International appelle à l’ouverture d’une enquête impartiale et indépendante sur les allégations de violence sexuelle dont aurait été victime le mineur Saïd Chetouane dans un commissariat de police à Alger, le 3 avril 2021, suite à son arrestation après une manifestation pacifique », peut-on lire dans le communiqué de cette ONG.

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