Le correspondant du quotidien francophone Liberté à Tamanrasset, Rabah Kareche, se trouve en ce moment chez le procureur de la République. Il a été convoqué hier par la police judiciaire pour la énième fois depuis qu'il exerce dans cette wilaya du Grand Sud pour le compte de notre confrère Liberté.

Ses collègues du quotidien basé à Alger ne savent pas encore les raisons de cette nouvelle convocation. Certains d'entre eux ont posté des publications sur les réseaux sociaux pour alerter l'opinion publique. « Alerte ! Rabah Kareche, correspondant de Liberté à Tamanrasset est devant le procureur. Il a été mis en garde à vue toute la nuit pour ses écrits. Il doit être relâché tout de suite. Un journaliste n'est pas un criminel », a posté l'un de ses collègues sur son compte Facebook.

 

La direction du quotidien Liberté n'a pas encore communiqué sur la question. Selon un confrère qui s'est confié à Observ'Algérie sous couvert d'anonymat, les responsables du quotidien essaient de connaître les raisons de cette nouvelle convocation de leur journaliste pour réagir. « Il y aura certainement un communiqué du journal », a-t-il fait savoir.

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Il faut dire que ces déboires du journaliste de Liberté interviennent quelques jours à peine après la publication de deux articles sur la protestation des notables touareg de deux localités de Tamanrasset, en l'occurrence Tazrouk et Ideles. Lors d'une réunion tenue récemment, ces mêmes notables ont menacé de « déterrer la hache de guerre » si le gouvernement ne fait pas marche arrière dans le nouveau découpage territorial.

Un article sur la colère des Touareg en cause ?

Des rassemblements et des marches ont même été organisés au chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset pour dénoncer que les communes de Tazrouk et Ideles soient amputées de 14 localités stratégiques regorgeant de richesses naturelles, à savoir l’or, le gaz et l’eau.

Selon un article publié par Rabah Kareche dans Liberté, les notables n'ont pas manqué d'exprimer leur colère et de proférer des menaces. « Il ne s’agit pas d’une opération administrative anodine, mais d’une tentative de scission visant la stabilité du Grand Sud. On veut apparemment réveiller les vieux démons et pousser les Touareg à déterrer leurs haches de guerre pour recouvrer leur territoire dont les frontières ont été, faut-il le rappeler, tracées avec le sang de leurs aïeux », ont-ils déclaré selon Liberté.