L’islamologue Saïd Djabelkhir a été condamné, ce jeudi 22 avril, à trois ans de prison ferme dans son affaire contre l’universitaire islamiste de Sidi Bel Abbes. Selon plusieurs avocats, comme Mes Aouicha Bekhti, Salah Dabouz et Zoubida Assoul, le tribunal de Sidi M’hamed a également condamné le penseur à 50 000 dinars d’amende.

Les trois avocats cités plus haut ainsi que plusieurs internautes se disent choqués par le verdict rendu par le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Le chercheur était poursuivi pour offense aux préceptes de l’islam et au prophète Mohamed. Pour les avocats et les militants des droits de l’Homme, c’est une véritable inquisition qui s’installe.

« L’inquisition confirmée. Ciel, mon pays. La pensée condamnée ! » s’exclame, sur son compte Facebook, l’avocate Aouicha Bekhti, connue pour son engagement en faveur des détenus du Hirak. De son côté, Me Salah Dabouz poste une publication pour dire que « l’inquisition est devenue un fait accompli en Algérie ».

« L’inquisition devenue un fait accompli en Algérie »

Pour lui, « la condamnation de Saïd Djabelkhir prouve que la plupart des juges algériens ont une orientation idéologique islamique et appliquent les dispositions de la charia (loi islamique), en essayant de la justifier par des articles du Code pénal ». « La liberté de pensée condamnée par le tribunal de Sidi M’hamed », assène, pour sa part, Me Zoubida Assoul.

Pour rappel, cette lourde condamnation n’est pas le seul côté abracadabrant de cette affaire. L’enseignant à l’université de Sidi Bel Abbes qui a déposé plainte Saïd Djabelkhir, l’a fait en janvier 2020. Soit quelques jours après que le chercheur eut affirmé que le jeûne du ramadan n’était pas une obligation, en se basant sur un verset coranique.

Mais c’est en février 2021 que les magistrats du tribunal de Sidi M’hamed ont décidé de la déterrer. Aucun magistrat n’a pensé expliquer pourquoi rester plus d’une année pour prendre en charge une plainte. Pourtant, beaucoup avaient condamné même l’idée que la plainte soit considérée comme recevable par un tribunal, cette idée étant considérée comme une criminalisation de la pensée.

Son procès a eu lieu le 1er avril 2021. Ce jour-là, le procureur de la République avait requis l’application de la loi. Aussi, le juge avait mis le verdict en délibéré pour le 22 avril. A noter que le juge n’a pas ordonné le dépôt lors de cette lourde condamnation. C’est-à-dire que le chercheur condamné pour ses idées peut toujours faire appel du verdict en restant libre.

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