L'Union pour le changement et le progrès (UCP) de l'avocate Zoubida Assoul a réagi, vendredi 23 avril, au communiqué du ministère de l'Intérieur qui considérait, la veille, que le parti était dans une situation « non conforme à la loi ». Pour ce parti qui a publié un communiqué, le congrès qui a eu lieu le 10 avril 2021 s'est tenu « conformément à la loi organique régissant les partis politiques ».

Donc, pour la formation politique de Zoubida Assoul, son parti n'est pas dans une situation irrégulière. Elle présente comme preuve la conférence de presse animée le lendemain de la tenue du congrès « en présence d’un officier des renseignements généraux de la Sûreté de la wilaya d’Alger ». L'UCP rappelle également que la conférence de presse a été sanctionnée par un communiqué publié sur la page Facebook du parti et repris par des médias.

Toujours dans le même communiqué, l'UCP a donné des éléments d'information sur toutes les étapes entrant dans le cadre de la mise en conformité exigée par la réglementation en vigueur. Le congrès ayant eu lieu en présence d'un huissier de justice, ce dernier est appelé à transmettre au ministère de l'Intérieur son procès-verbal avec tous les documents, et ce, dans les délais prévus par la loi.

« Le ministère de l'Intérieur ne respecte pas la loi »

Conclusion de l'UCP : Le parti et sa présidente « remplissent toutes leurs obligations administratives et donc activent en toute légalité, conformément à la loi ». Par contre, pour le parti de Zoubida Assoul, c'est le communiqué du ministère de l'Intérieur qui pose problème en matière de respect de la réglementation.

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En effet, selon l'UCP, le communiqué du département de Kamel Beldjoud « ne comporte ni date, ni signature de son auteur, ni référence, comme le prévoient la réglementation et règlements en la matière ». Il s'agit, pour l'UCP, d'une « volonté manifeste du pouvoir d’éliminer toutes les forces démocratiques de la scène politique », d'autant plus que le dernier paragraphe du communiqué du ministère « comporte des propos menaçants à l'encontre de la présidente de l'UCP, madame Zoubida Assoul, qui ne trouvent pas leurs justifications légales ».

Le PST est aussi dans le collimateur

Cette volonté pourrait se vérifier dans l'histoire d'un autre parti qui semble aussi être mis dans le collimateur du ministère de l'Intérieur, en l'occurrence le Parti socialiste des travailleurs (PST). Cette formation politique affirme avec reçu un courrier du ministère qui lui demande de « mettre en œuvre les procédures organisationnelles statutaires afin de se conformer avec la législation en vigueur relative aux partis politiques ».

Pour le PST, ce sont « des pressions juridiques et administratives » qu'il qualifie d'« escalade dans l'autoritarisme et les atteintes aux libertés démocratiques à l'approche du scrutin du 12 juin prochain ». « Les lois en vigueur, notamment celles régissant les partis politiques, constituent une entrave au libre exercice des libertés et des droits démocratiques, notamment la liberté d’organisation en partis politiques ou en associations qui devrait obéir à un régime déclaratif », estime le PST en conclusion.

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