Le président du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, a réagi, dans un communiqué diffusé dimanche 25 avril, aux accusations du ministère algérien de la Défense nationale, (MDN) qui indiquait, le même jour, que le MAK planifiait des attentats terroristes contre les manifestations du Hirak. Le chef du mouvement séparatiste a démenti catégoriquement les allégations du MDN.

« Ce grossier mensonge ne trompe d’ailleurs personne, ni en Kabylie, ni à travers le monde », affirme Ferhat Mehenni qui explique les accusations du MDN par la panique qui a pris le pouvoir après la célébration du 20 avril en Kabylie. Pour lui, c'est après ces manifestations que « la junte militaire en panique, sort la carte du terrorisme que le MAK a toujours condamnée de toutes ses forces, avant tout le monde ».

Dans son communiqué, le président du MAK-Anavad tente une explication de la démarche du pouvoir. Il pense que le pouvoir veut faire peur et pousser les militants de son organisation à entrer en clandestinité et, ensuite, commettre des attentats qu'il attribuera au MAK.

 

Indiquant que les militants ne vont pas céder « à la peur et à la répression », Ferhat Mehenni affirme que le MAK et l'Anavad « prennent l’opinion internationale à témoin. Ils n’ont jamais eu l’ombre d’une idée terroriste et ce n’est pas aujourd’hui que nous y serons contraints. Le MAK est d’essence pacifique et nul ne saurait l’en éloigner ».

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Le MAK met en garde contre toute violence

Après cette assertion, le chef de l'organisation séparatiste accuse clairement les services algériens de toute éventuelle violence. « Tout acte de violence qui viendra à être commis dans les jours à venir, sera clairement identifié comme l’œuvre des services algériens. Jamais nous n’y serons associés, ni de près ni de loin », accuse-t-il. Il ajoute : « Nous sommes un mouvement qui s’appuie sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et non sur un quelconque recours à la violence de sa part ».

Déclarant avoir déjà saisi la Cour pénale internationale pour suivre la situation des droits humains en Kabylie, Feraht Mehenni appelle la presse indépendante, la classe politique démocratique, les intervenants sur les réseaux sociaux, à dénoncer ce complot contre des innocents. Il appelle aussi « les instances internationales à intervenir (...) avant que l’irréparable ne soit commis », ainsi que l'ONU « à interpeller les autorités algériennes sur ce dessein génocidaire »

Graves accusations du MDN contre le MAK

Pour rappel, le ministère de la Défense nationale (MDN) a publié, dimanche, un communiqué dans lequel il accuse l'organisation séparatiste kabyle de vouloir commettre des attentats terroristes lors des manifestations du Hirak, notamment dans les wilayas de Tizi Ouzou et Bejaïa.

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« En effet, les graves aveux donnés par l’ex-membre du mouvement subversif 'MAK', le dénommé H. Noureddine, aux services de sécurité, ont révélé l’existence d’un plan criminel perfide visant à perpétrer ces attentats pour exploiter, ensuite, les images dans leurs campagnes subversives et implorer l’intervention étrangère dans les affaires internes du pays », avait précisé le MDN.

Réactions : De la dérision à la gravité

Les accusations du MDN sont graves. « En sus de la saisie d’armes de guerre et d’explosifs destinés à l’exécution de ses plans criminels, une dangereuse conspiration ciblant le pays, fomentée par ledit mouvement, a été dévoilée », ajoutait-on.

Il faut dire que contrairement aux premières accusations qui ont ciblé, notamment, les activistes du Hirak établis à l'étranger et le MAK, qui ont été traitées avec dérision, les commentaires ayant suivi le dernier communiqué du MDN sont empreints d'une certaine gravité. Comme s'il n'était plus permis d'en rire. Cependant, cela n'a pas empêché les Algériens d'exprimer leur scepticisme quant à la véracité des accusations en question.

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