L'image d'un Karim Tabbou à la limite de l'hystérie devant le président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, a fait le buzz, lundi 26 avril, à l'enterrement de Me Ali Yahia Abdenour. Beaucoup ont salué Tabbou pour ses attaques contre Lazhari, mais beaucoup d'autres ont dénoncé un non-respect du défunt défenseur des droits de l'Homme. Le président du CNDH, quant à lui, dénonce des « éléments extrémistes dont celui qui se prétend démocrate, Karim Tabbou, qui ont tenté de m'agresser ». 

Il est vrai que la vidéo montrant un Karim Tabbou hystérique, avec d'autres personnes, criant à la face de Bouzid Lazhari, était d'une violence inouïe. La scène s'est déroulée devant le domicile de feu Ali Yahia Abdenour, décédé la veille à l'âge de 100 ans, après une vie de combats incessants. Même les mots utilisés étaient incompréhensibles, tellement ils étaient prononcés violemment, y compris avec la gestuelle.

D'ailleurs, Bouzid Lazhari n'a pas manqué de commenter l'incident en dénonçant le coordinateur de l'UDS (parti non agréé). En réponse à des questions de nos confrères de Tariq News, le président du CNDH a dénoncé « des éléments extrémistes dont celui qui se prétend démocrate, Karim Tabbou, qui ont tenté de m'agresser », exprimant ses regrets que cela « se produise lors des funérailles du Moudjahid Ali Yahia Abdenour et durant le mois de ramadan ».

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« Ali Yahia Abdenour a eu une vie amère à cause de ce système »

En appelant le peuple algérien à juger ces personnalités qui présentent « la nouvelle Algérie, la leur », il affirme que l'image qu'ils ont présentée « montre qu'ils n'acceptent pas la discussion, ils préfèrent l'agression physique et le développement de discours haineux ».

Il faut dire que suite à cet incident, Karim Tabbou s'est exprimé dans une vidéo pour s'expliquer après avoir été critiqué. « Ali Yahia Abdenour a eu une vie amère à cause de ce système et aujourd'hui, par respect à cet homme, ils ne devaient pas venir », et d'ajouter en s'adressant à Bouzid Lazhari : « Tu ne devais pas venir, soi-disant, comme président du Centre des droits de l'Homme. Mais où sont ces droits de l'Homme ? Tu as un Centre, mais tu n'as pas des droits de l'Homme ».

 

En fait, ce qui est reproché au président du CNDH, c'est d'avoir déclaré qu'il n'y avait pas de détenus d'opinion en Algérie. Et ce, à un moment où des dizaines de personnes, principalement des jeunes, croupissent en prison pour des publications sur Facebook ou pour une présence dans les manifestations du Hirak. Même les journalistes ne sont pas épargnés par la campagne de répression qui vise le peuple algérien dans son ensemble.

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