Le tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, a rendu, ce jeudi 29 avril, son verdict dans l’affaire qui oppose l’ancien ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, au président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (Acam), Youcef Nebbache. Ce dernier, qui a fait l’objet d’une plainte pour diffamation déposée par l’ancien ministre, s’est vu finalement acquitter par le juge.

L’affaire remonte au début de l’année en cours, lorsque Ferhat Aït Ali, qui était encore au poste de ministre de l’Industrie, a décidé de porter plainte pour « diffamation » contre le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (Acam), Youcef Nebbache. Les critiques publiques que ce dernier a exprimées au sujet du cahier des charges relatif au secteur de l’automobile, présenté par l’ancien ministre, lui ont valu une plainte avec citation directe, déposée par le ministre, pour « diffamation et atteinte à la sécurité nationale ».

L’ancien ministre de l’Industrie s’est estimé offensé par les propos tenus par Youcef Nebbache, lors de son passage dans une émission de télévision diffusée sur Echorouk TV. Lors de cette émission, M. Nebbache avait déclaré que « le ministre de l’Industrie travaille contre les intérêts du pays et joue avec la patience des Algériens ». Le président de l’ACAM a fait appel, dans la même émission, au chef de l'Etat « pour intervenir en faveur des concessionnaires multimarques ». Le procès de cette affaire a été reporté à trois reprises avant qu’il ne soit finalement programmé le 15 avril, au tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger.

Désavoué politiquement, débouté juridiquement

Youcef Nebbache a comparu une première fois le 28 janvier dernier devant le tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger. Le prévenu est poursuivi pour « diffamation » après l’abandon par le procureur du grief d’« atteinte à la sécurité nationale », contenu dans la requête de l’ancien ministre de l’Industrie. Toutefois, à la demande de la défense du prévenu, qui avait réclamé également la présence du ministre au procès, le juge a décidé de renvoyer le procès au 25 février.

Entre-temps, Ferhat Aït Ali se voit éjecter de son poste de ministre de l’Industrie suite au remaniement décidé le 19 février par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, au sein du gouvernement de Abdelaziz Djerrad. Désavoué « politiquement » par celui qui l’avait porté une année auparavant aux commandes du secteur stratégique de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, dont la gestion catastrophique du dossier de l’importation de véhicules fait consensus, se voit aujourd’hui débouté dans cette affaire de justice qu’il espérait certainement comme une sorte de « victoire » morale sur ses nombreux détracteurs.

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