Les relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne traversent une période très délicate. Le ministre marocain des Affaires étrangères a remis en cause la solidité des relations bilatérales avec l'Espagne. Il s'est demandé, dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole (EFE) et paru ce samedi 1er mai, si l'Espagne souhaitait « sacrifier sa relation bilatérale » en raison de l'accueil, sur son territoire, du président de la RASD, Brahim Ghali. 

Ainsi, le torchon brûle entre le Maroc et l'Espagne. Le diplomate marocain indique, dans son entretien, que l’attitude espagnole pourrait lourdement affecter les relations entre les deux pays. Il rappelle que son ministère n'a pas reçu de « réponses satisfaisantes et convaincantes » aux multiples questions adressées à son homologue espagnol.

Nasser Bourita estime que cette crise entre les deux pays est un véritable test pour les relations bilatérales. « Nous allons voir si la réalité et la sincérité de notre relation n’est pas juste un slogan », a-t-il déclaré. Il ajoute que Madrid ne peut pas décider d’avoir une « relation à la carte » avec le Maroc. Il rappelle, aussi, que les liens entre les deux pays sont à la fois « politiques, économiques, commerciaux, humains et sécuritaires ».

Bourita accuse également l'Algérie de manigance

Le ministre marocain des Affaires étrangères a profité de l'occasion pour accuser l'Algérie d'être à la base d'un complot. Il reproche à l'Espagne de ne pas avoir pris le temps de consulter le Maroc, alors qu'elle a « coordonné » ses actions avec les adversaires du Royaume, allusion faite à l'Algérie. Il développe ses arguments en affirmant que « lorsqu’il s’agit de manigancer avec l’Algérie et le Polisario, le Maroc est en dehors des radars, mais lorsqu’il s’agit de parler de migration ou de terrorisme, le Maroc devient de nouveau important ».

A souligner que cette crise est née suite à l'hospitalisation du leader du Polisario, Brahim Ghali, à Saragosse, en Espagne. Selon certains médias, le président de la RASD, âgé de 73 ans, souffre d’un cancer de l’appareil digestif depuis plusieurs années. Jeune Afrique affirme que Brahim Ghali est hospitalisé sous le nom d’emprunt de Mohamed Ben Battouche. Le Maroc accuse l'Algérie d'être derrière ce transfert et d'avoir négocié avec l'Espagne pour qu'il ne soit pas inquiété par la justice.

Lire aussi : Crise entre l’Allemagne et le Maroc : Le ministère allemand des Affaires étrangères convoque l’ambassadrice marocaine