Face à la montée en puissance de la grogne sociale, le gouvernement de Abdelaziz Djerad n’a pas trouvé meilleure réponse aux protestataires que de brandir les menaces de sanction. Pis encore, pour la deuxième fois en l’espace d’une semaine, les services du Premier ministère ont réitéré les accusations de tentative de déstabilisation à l’égard des protestataires. En effet, dans un communiqué publié ce jeudi 6 mai, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a mis en garde « certains mouvements malintentionnés » qu’il accuse de semer la « fitna » dans le pays.

Tout en reconnaissant que la grève est un droit constitutionnel, le gouvernement Djerad souligne dans son communiqué que « l’étude et le traitement des revendications exprimées doivent se faire suivant une approche graduelle qui prenne en compte les retombées de la crise économique et sanitaire que traverse le pays » et « qu’on ne peut laisser affecter le niveau de vie des citoyens ».

Dans le même communiqué, les services du Premier ministre réitèrent les accusations de tentative de déstabilisation à l’égard de « certains mouvements », en allusion certainement aux derniers mouvements de protestation enclenchés par les éléments de la Protection civile, les travailleurs de la Poste et de ceux de l’Education nationale, entre autres. « Il a été constaté dernièrement que l’activité syndicale a été inondée et exploitée par des mouvements malintentionnés cherchant à semer la fitna, des mouvements qui ont été débusqués et leurs plans dénoncés », accuse le ministère.

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« L’activité syndicale inondée et exploitée par des mouvements malintentionnés »

Pour le gouvernement, la majorité du peuple algérien est engagée dans le « processus de changement et de renouveau », contrairement, accuse-t-il encore, à ce qu'il appelle une « minorité dont certains de ses membres activent à l’étranger pour semer le désespoir et le découragement et faire échec au processus de changement et de lutte contre la corruption qui, inévitablement, disparaîtra ».

Un langage qui ne diffère pas trop de l’éditorial de la revue El Djeïch, organe officiel de l’état-major de l’Armée nationale (ANP), publié le 4 mai. Un article au vitriol accusant les « opposants au changement » d’être derrière ces mouvements pour perturber les prochaines élections législatives « en l’exploitation des problèmes professionnels des travailleurs ». L’armée avait aussi averti que la stabilité du pays était « une ligne rouge ». Le 28 avril, le premier ministre, Abdelaziz Djerad, s’est exprimé pour la première fois sur la situation sociale, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

Le gouvernement de Abdelaziz Djerad sur les pas de l’état-major de l’ANP

« Certes, l’exercice des libertés syndicales est un droit consacré par la Constitution et garanti par la Loi, mais son exploitation abusive et arbitraire ne sera que contre-productive », avait mis en garde Abdelaziz Djerad. Il a ajouté que « l’obstination à suivre cette approche exagérée ne peut être considérée que comme une manœuvre visant à servir des objectifs clairs, même s’ils ne sont pas déclarés, visant à perturber le climat de changement que les pouvoirs publics ont initié, notamment par l’installation des nouvelles entreprises dans le cadre du projet de l’édification de l’Algérie nouvelle »

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La même source a, en outre, tenu à rappeler que le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, avait déjà abordé « un grand nombre de problèmes et difficultés qu’il est demandé de traiter dans le cadre de ces protestations » et pour lesquels « il s’était engagé à œuvrer pour leur trouver des solutions appropriées, et sont même incluses au sein des engagements qu’il avait annoncés lors de son élection ».

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