Introduite depuis 2016 dans la Constitution comme langue nationale et officielle, Tamazight peine encore à avoir la place qui lui sied dans la vie politique, économique, culturelle et sociale de l’Algérie. Toutefois, la sortie du secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), jeudi 6 mai à Boumerdes, à propos du projet de transcription de Tamazight sur les billets de banque, les pièces de monnaie et les documents officiels, est, de l’avis de nombreux locuteurs de cette langue millénaire, une avancée considérable qui intervient après de longues années de lutte des défenseurs de l’identité amazighe de l’Algérie.

En effet, lors d’une conférence de presse tenue le 6 mai à Boumerdes, le secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad, a affirmé que son institution, rattachée aux services de la présidence de la République, était actuellement sur un projet de transcription de Tamazight sur les documents officiels, les pièces de monnaie et les billets de banque algériens. « Le HCA travaille actuellement en collaboration avec les services du ministère de l’Intérieur et ceux de la Banque d’Algérie pour l’élaboration d’un projet concernant l’introduction de Tamazight dans les documents officiels de l’Etat et son inscription sur les billets de banque et les pièces de monnaie », a-t-il affirmé.

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Concernant l'utilisation de la langue amazighe dans diverses institutions, organes et espaces publics, le secrétaire général du HCA a indiqué que « le processus se déroule étape par étape et progressivement dans le cadre de la concrétisation des dispositions de la Constitution », indiquant que « des efforts importants sont faits, notamment dans le domaine de l’amazighisation de l’espace public ».

Un texte est en préparation entre le HCA, le ministère de l’Intérieur et la Banque d’Algérie

Parmi les dernières réalisations dans ce domaine, M. Assad, a cité « la traduction en langue amazighe de l’appel du 1er novembre 1954 et divers textes administratifs et documents relatifs à la création de l'Etat algérien et l'enregistrement de chansons en berbère datant de l'époque coloniale ». Lors de cette conférence de presse, Si El Hachemi Assad est revenu également sur la problématique de l’enseignement de tamazight dans les écoles, en affirmant que le HCA plaide pour « la généralisation et l’obligation de l’enseignement de la langue amazighe à l’échelle nationale ».

A ce propos, Si El Hachemi Assad a souligné la nécessité d'amender la loi d'orientation sur l'éducation nationale de janvier 2008 pour « supprimer l'aspect facultatif de l'enseignement de Tamazight à l'école ». Pour le premier responsable du HCA, « tamazight est désormais l'affaire de toutes les institutions de l'Etat », relevant qu'« il y a une consécration constitutionnelle, qui scelle la place de tamazight, une place centrale, fondamentale » dans la Constitution, faisant que « chacun est appelé à traduire sur le terrain » les dispositions de la Loi fondamentale du pays.

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