Le ministère algérien de l'intérieur envisage d'interdire les marches hebdomadaires du Hirak. En effet, selon le communiqué du ministère rendu public ce dimanche 9 mai, ces marches hebdomadaires seront soumises à une demande d'autorisation de la part de ceux qui veulent marcher. Autant dire que cette condition n'est rien d'autre qu'une interdiction déguisée des marches du Hirak, en sachant que ce mouvement populaire n'a aucune organisation qui l'encadre pour demander une autorisation.

Le département de Kamel Beldjoud franchit un nouveau pas, après des semaines de répression et d'arrestations. Le ministère de l'intérieur affirme que "les marches hebdomadaires connaissent de graves dérapages". Il ajoute que ces marches "ne prennent pas en considération les désagréments qu'elles causent aux citoyens". Le ministère accuse également les participants de changer d'itinéraire sous prétexte "qu'ils sont libres".

Il annonce que, désormais, "les organisateurs de ces marches doivent demander une autorisation comme le stipule la loi". Cette demande doit comporter les noms des organisateurs des marches, leurs itinéraires ainsi que les slogans que les marcheurs vont scander, selon le même communiqué. Le ministère avertit que sans cette autorisation ces marches deviennent illégales .

Les prémices de cette interdiction

Ainsi, ces marches que connaît le pays depuis le 22 février 2019 tombent dans l'illégalité. Cette décision du ministère de l'intérieur vient sonner le glas du Hirak pourtant qualifié par Abdelmadjid Tebboune de "Hirak béni". Une décision attendue néanmoins, étant donné que le pouvoir a commencé par interdire les marches hebdomadaires des étudiants qui a lieu chaque mardi, principalement à Alger.

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Il faut dire aussi que ces dernières semaines, plusieurs manifestants ont été arrêtés et mis sous mandat de dépôt pour avoir participé à ces marches hebdomadaires. Des marches déjà interdites depuis plusieurs semaines dans certaines wilayas, à l'instar d'Oran .

Il faut rappeler que ce n'est pas la première fois que le ministère de l’Intérieur s'exprime sur le Hirak. En mars dernier, Kamel Beldjoud avait affirmé qu' il y a parmi les « Hirakistes », ceux qui veulent détruire l’Algérie, avec le soutien de « parties étrangères ». « Ces parties étrangères soutiennent des éléments connus aux intentions claires et œuvrent par leur biais à détruire le pays, le faire retourner aux années précédentes et le plonger dans des problèmes » a-t-il ajouté.

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