Les relations diplomatiques entre le Maroc et les pays européens, notamment l'Allemagne et l'Espagne, continuent de se dégrader. Le royaume chérifien, après avoir fait du chantage à l'Espagne, se tourne vers l'Allemagne avec qui le froid s'est installé depuis plusieurs semaines. Plus récemment, Rabat a rappelé son ambassadrice à Berlin « pour consultation ». 

Ainsi, le torchon brûle toujours entre l'Allemagne et le Maroc. Le royaume chérifien a décidé, le 6 mai, de rappeler son ambassadrice à Berlin « pour consultation ». Le Maroc a dénoncé, dans un communiqué officiel, les « actes hostiles » de l’Allemagne, notamment sur le dossier du Sahara occidental.

« La République fédérale d’Allemagne a multiplié les actes hostiles et les actions attentatoires à l’égard des intérêts supérieurs du royaume », peut-on lire dans le communiqué publié par le ministère marocain des Affaires étrangères. Il est fait allusion à l’attachement de l’Allemagne à une solution politique juste, durable et acceptée entre les deux parties, sous les auspices des Nations unies, concernant le Sahara occidental.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a réagi à cette décision, en indiquant ne pas avoir été informé par avance de la décision marocaine. Le ministère a affirmé « ne pas comprendre les accusations » proférées par Rabat. Il a déclaré notamment : « Nous sommes d’autant plus surpris par cette mesure que nous faisons des efforts constructifs avec la partie marocaine pour résoudre la crise ».

L'Algérie est toujours citée

Cette décision marocaine intervient quelques jours après les déclarations du ministre marocain des Affaires étrangères sur les relations qu'entretient son pays avec l'Espagne. Nasser Bourita avait remis en cause la solidité des rapports diplomatiques avec l’Espagne et s'était même demandé si l’Espagne souhaitait « sacrifier sa relation bilatérale » en raison de l’accueil, sur son territoire, du président de la RASD, Brahim Ghali.

Le diplomate marocain avait ajouté que l’attitude espagnole pourrait lourdement affecter les relations entre les deux pays. Il avait rappelé que son ministère n’avait pas reçu de « réponses satisfaisantes et convaincantes » aux multiples questions adressées à son homologue espagnol.

Pour les observateurs, cette attitude des Marocains relève surtout du chantage diplomatique. Le Maroc a décidé de mettre la pression contre ce pays européen aux positions tranchées concernant notamment le dossier du Sahara occidental. Dans la même optique, le Maroc reproche à ses « alliés » de consulter l'Algérie sur cette question. Bourita avait, à titre illustratif, reproché à l’Espagne de ne pas avoir pris le temps de consulter le Maroc, alors qu’elle a « coordonné » ses actions avec les « adversaires » du Royaume, allusion faite à l’Algérie. « Lorsqu’il s’agit de manigancer avec l’Algérie et le Polisario, le Maroc est en dehors des radars, mais lorsqu’il s’agit de parler de migration ou de terrorisme, le Maroc devient de nouveau important », accuse-t-il.

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