Le controversé ministre du Commerce, Kamel Rezig, enchaîne les sorties et les décisions qui ne font que le discréditer de plus en plus aux yeux de l’opinion publique. Après ses fameuses et nombreuses promesses aux Algériens sur la disponibilité des produits et l’attractivité de leurs prix, le voilà s’en prendre aux cadres de son département en les menaçant de licenciement pur et simple en cas d’adhésion à tout mouvement de grève, alors qu'il s'agit d'un droit garanti par la Constitution. C’est ce qui ressort d’une note de service, adressée le 5 mai aux directeurs du commerce des wilayas, dans laquelle Rezig instruit ces derniers de « licencier tout cadre fonctionnaire qui recourt à la grève ».

Dans une note adressée le 5 mai aux directions de wilaya de son département, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a précisé qu’« en vertu de la loi 90-02 du 6 février 1990 relative aux conflits sociaux au travail et au droit à la grève », le fonctionnaire est appelé à « ne pas critiquer leurs supérieurs hiérarchiques » ainsi qu'à « ne pas participer à un mouvement de grève ». Une note qui tombe tel un couperet sur des milliers de cadres du secteur du commerce puisque, plus loin dans sa note, leur ministre de tutelle n’a pas hésité à suggérer aux directeurs locaux au niveau des wilayas de rappeler aux cadres qu'ils sont « autorisés à exercer leur droit syndical, mais il leur est interdit de faire la grève ». Faute de quoi, avertit Rezig, « les cadres grévistes risquent le licenciement ».

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Voilà le contenu d’une note ministérielle qui a intrigué un nombre important de cadres exerçant au niveau de différents services rattachés au ministère du Commerce et qui se disent outrés par cette sortie de leur tutelle. « Comment se fait-il qu’un ministre de la République, au lieu de chercher à trouver des solutions aux nombreux problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs de son secteur et au lieu de protéger les cadres exerçant sous sa tutelle, sorte la menace de licenciement pour tout fonctionnaire qui ose réclamer ses droits ? » s’insurge, sous couvert d'anonymat, un cadre d'une wilaya du centre du pays.

Un ministre qui se discrédite de plus en plus

Il faut dire que cette sortie incongrue du ministre du Commerce n’est pas faite pour apporter de l’assurance aux fonctionnaires de son département, qui sont déjà en ébullition depuis plusieurs mois. En effet, plusieurs grèves ont été observées par les travailleurs du secteur au niveau des directions de wilaya pour réclamer la prise en charge de leurs doléances socioprofessionnelles. Cette sortie intervient aussi à un moment où l'Algérie est confrontée à la pénurie de certains produits et à la hausse des prix de la majorité des denrées alimentaires, notamment depuis le début du mois de ramadan.

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Mais au lieu de régler cette épineuse question d’intérêt national, le controversé ministre du Commerce, à travers une publication sur sa page Facebook datée du 4 mai, a justifié cette situation par des facteurs irrationnels. Pour Kamel Rezig, la hausse des prix et la rareté de certains produits sont dues « à certaines parties destructrices qui ont pour objectif d’inciter la rue à l’anarchie… Ces parties, tente-t-il de justifier, ont aussi incité à des grèves pour porter atteinte aux institutions de l’Etat ».

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