Que se passe-t-il avec l'opérateur de téléphonie mobile Djezzy et les deux sociétés d'assurance, la SAA et la CAAR ? Le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, semble en colère si l'on croit le contenu d'une instruction adressée au gouvernement et aux entreprises publiques, à propos de contrats signés avec des entités étrangères, précisément marocaines.

En fait, Abdelmadjid Tebboune accuse gravement les trois entreprises dans cette instruction adressée au Premier ministre, Abdelaziz Djerad, aux membres de son gouvernement et aux responsables des entreprises publiques. En cause, certains contrats signés avec des entreprises étrangères qui n'ont pas pris en compte l'intérêt de l'Algérie et de sa sécurité.

« Ces relations (contractuelles, ndlr), engagées sans concertation, se traduisent -on peut s’en douter- par la mise à la disposition d’entités étrangères de données et d’informations sensibles qui peuvent porter atteinte aux intérêts vitaux du pays et à sa sécurité », accuse le chef de l'Etat dans sa missive. Tebboune cite les trois entreprises Djezzy, la SAA et la CAAR, mais visiblement elles ne sont pas les seules à avoir agi de façon à négliger les intérêts de l'Algérie.

La SAA et la CAAR en relation avec des entités marocaines

Il est reproché aux deux sociétés d'assurance des relations contractuelles avec des entreprises du Maroc. Des relations qui auraient pu être établies avec des entités algériennes et qui auraient pu donc éviter à l'Algérie des transferts supplémentaires en devises. Tebboune s'en est pris également à « Djezzy dont la publicité est assurée par des sociétés proches de lobbys étrangers haineux vis-à-vis de l’Algérie ». Les mêmes lobbys qui mènent des campagnes hostiles à l'Algérie, notamment dans l'affaire du Sahara occidental.

 

En ce qui concerne les contrats signés par la SAA et la CAAR avec des entités marocaines, il s'agit de « contrats qui génèrent des sorties de devises vers l’étranger pour des prestations à peine moyennes que des entreprises algériennes peuvent prendre en charge aisément ». Tebboune n'accuse pas ces deux sociétés d'assurance de fuite de capitaux, mais la négligence et le laxisme restent graves dans ce genre de situations.

Le ministre des Finances instruit d'empêcher le transfert des devises

Cette situation a amené le chef de l'Etat à instruire le ministre des finances, Aymen Benabderrahmane, à agir contre le transfert de tout dividende lié à ces contrats. Il a aussi ordonné la résiliation de ces contrats dans l'immédiat. Les mots de Abdelmadjid Tebboune sont assez directs et menaçants pour montrer son agacement.

Il a, en effet, ordonné de mettre un terme à ce type de rapports dans un délai de dix jours, de faire preuve de plus de responsabilité et de circonspection dans leurs relations avec leurs partenaires étrangers et de veiller à la préservation des intérêts supérieurs de l'Etat. Cela « eu égard aux effets négatifs de ces pratiques qui tendent à se généraliser ». Il finira par menacer tout responsable impliqué dans des contrats similaires dans le futur, le considérant comme « relevant de la concussion et de la complicité ».

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