La crise diplomatique couve toujours entre le Maroc et l'Espagne. Face aux récentes déclarations marocaines, l'Espagne n'a pas jugé utile de s'expliquer sur l'accueil, sur son territoire, du président de la RASD. En effet, vendredi 7 mai, la cheffe de la diplomatie espagnole a réagi au communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, en déclarant que « l’Espagne n’a rien à ajouter à ce qu’elle a dit jusqu’à présent ».

Ainsi, face aux déclarations marocaines, la diplomatie espagnole a choisi le silence. La cheffe de la diplomatie a tout simplement ignoré les accusations marocaines, en marge d’une conférence de presse tenue avec le ministre paraguayen des Affaires étrangères. Interrogée sur les allégations marocaines, Arancha Gonzalez Laya s'est contentée de dire que « l’Espagne n’a rien à ajouter à ce qu’elle a dit jusqu’à présent ».

Cette réaction de la diplomate espagnole a fait réagir les Marocains. Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé ses accusations dans un communiqué rendu public. Il a souligné que « la décision des autorités espagnoles de ne pas aviser leurs homologues marocaines de la venue du chef des milices du polisario, n’est pas une simple omission. Il s’agit d’un acte prémédité, d’un choix volontaire et d’une décision souveraine de l’Espagne, dont le Maroc prend pleinement acte. Il en tirera toutes les conséquences ».

Le Maroc persiste et menace

Le ministère rappelle que « depuis que l’Espagne a reçu sur son territoire le chef des milices du Polisario, accusé de crimes de guerre et de violations flagrantes des droits de l’homme, les responsables espagnols ont multiplié les déclarations tentant de justifier cet acte grave et contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage ».

Par ailleurs, le même ministère a affirmé que « l’attitude de certains responsables gouvernementaux, préjugeant de la réaction marocaine et minimisant l’impact pourtant grave sur la relation, ne saurait occulter cette situation déplorable » . Il a conclu que « la préservation du partenariat bilatéral est une responsabilité partagée, qui se nourrit d’un engagement permanent pour sauvegarder la confiance mutuelle, maintenir la coopération fructueuse et sauvegarder les intérêts stratégiques des deux pays ».

Il faut souligner que les relations diplomatiques entre le Maroc et les pays européens, notamment l’Allemagne et l’Espagne, continuent de se dégrader. Le royaume chérifien n’apprécie guère les positions de ces pays par rapport à la question du Sahara occidental. Le Maroc reproche également à ces pays leurs tractations avec l’Algérie concernant des questions géopolitiques dans la région.