Le dépôt des listes des candidats aux prochaines législatives du 12 juin révèle que les pratiques héritées de « l’ancien » système sont toujours vivaces. Le favoritisme et le népotisme sont les maîtres-mots choisis par un nombre de candidats et de partis pour la confection des listes, notamment chez les islamistes.

Ainsi, contrairement à ce qu'a soutenu son père, il y a une semaine, la fille du président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, a bel et bien déposé son dossier de candidature pour les élections législatives du 12 juin prochain en Algérie. Cependant, son dossier a été rejeté par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), rapportent, lundi 10 mai, des sources concordantes.  La semaine dernière, le président du MSP affirmait, au forum du journal arabophone El Hiwar, que sa fille n'était pas candidate à la prochaine élection législative, prévue le 12 juin. Il avait soutenu qu'elle n'avait déposé aucun dossier pour cette échéance, et ce, malgré, avait-il précisé, l'insistance des dirigeants du parti.

Pourtant, une semaine plus tard, des sources concordantes rapportent que Meriem Makri voulait se présenter à cette élection et a déposé un dossier à cet effet. Sa demande de candidature, indique-t-on, a été toutefois rejetée par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Selon les mêmes sources, le dossier de Meriem Makri, qui voulait se présenter à Alger, était incomplet.

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Les fils de Abdelkader Bengrina et Aboudjerra Soltani candidats !

Il faut rappeler que le dossier de la fille de Abderrazak Makri est loin d'être le seul à être rejeté. Ils sont, en effet, des centaines à connaître le même sort. C'est, notamment, le cas de celui du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abou El Fadl Baâdji, qui n'a pas été accepté pour le même motif.

Mais les partis islamistes sont nombreux à avoir privilégié le népotisme à la place de l'éthique. Makri est en effet devancé par d'autres leaders qui ont mis leur progéniture dans des listes électorales. C'est le cas de l'ex-candidat à la présidentielle du 12 décembre 2019, Abdelkader Bengrina. Il a placé son fils, Baraa, dans la liste de son parti, El Bina, dans la capitale, Alger.

Tout comme Aboudjerra Soltani, plusieurs fois député et ministre sous Abdelaziz Bouteflika et ancien président du parti islamiste Hamas, qui a présenté son propre fils, Mohamed Iqbal Amine, à la tête d’une liste d’indépendants au niveau de la circonscription d’Alger. C'est dire que le népotisme et le favoritisme n'est pas le propre des partis comme le FLN et le RND uniquement. Et que les discours sur la religion des partis islamistes ne les éloigne pas nécessairement de ces fléaux politiques dévastateurs.

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