Le 117eme vendredi du Hirak a connu une répression sans précédent. Des centaines d’Algériens dans plusieurs wilayas ont été arrêtés et plusieurs marches violemment dispersées. Les Hirakistes ont vécu un vendredi particulièrement difficile. Les forces de l'ordre ont procédé dès la matinée à des arrestations qui ont visé toutes les catégories de la société. 

En effet, des chefs de partis, des journalistes, des avocats, des professeurs à l'université, des femmes, des personnes âgées, des mineurs et des handicapés moteurs ont été interpellés. Ils sont plus de 800 personnes dont 300, seulement à Alger, à être conduits aux différents commissariats. Certains ont été relâchés tard dans la nuit alors que d'autres sont placés en garde à vue.

Ainsi, les Hirakistes ont été accueillis par un important dispositif sécuritaire, notamment par les forces antiémeute. Plusieurs villes algériennes se sont retrouvées quadrillées par des camions bleus stationnés dans les principaux boulevards. Les Hirakistes les plus téméraires ont été soit matraqués soit arrêtés, le climat était lourd. Les journalistes sont interdits de faire leur travail.

Parmi les personnes interpellées figurent le président du RCD, Mohcine Belabbas, ainsi que Athmane Mazouz, secrétaire national chargé de la communication au sein du même parti. Ont également été interpellés Fethi Ghares, porte-parole du MDS, et son épouse, Messaouda Chaballah, ainsi que les cadres du parti Hassan Mebtouche et Ouahid Benhalla. Sans oublier l'ex-responsable du FFS, Ali Laskri et son compagnon Ali Derras, ainsi que le jeune secrétaire national actuel, Younes Aïci.

Les Hirakistes déterminés

L’empêchement violent de ces marches confirme ainsi les intentions des autorités, après le communiqué du ministère de l’Intérieur. Cette démarche répressive et liberticide a été dénoncée par les activistes politiques ainsi que les organisations de la société civile. Le pouvoir a ainsi choisi d'en finir avec le Hirak et compte mettre tous les moyens de son coté pour organiser les législatives du 12 juin. De leur côté, les Hirakistes assurent qu'ils ne vont pas s’arrêter de marcher et demander un véritable changement. Ils se disent déterminés à continuer la lutte en mettant l'accent sur la nécessite de garder la pacifisme qui a de tout temps caractérisé cette révolte populaire.

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