Nommé au poste de médiateur de la République, le 17 février 2020, par le chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune, Karim Younes a été limogé mardi 18 mai 2021. Les raisons de son limogeage n'ont pas été évoquées dans le communiqué de la présidence. L'ex-médiateur de la République a apporté des éclaircissements, ce mercredi 19 mai, sur sa mise à l'écart dans une déclaration au journal El Watan

Karim Younes regrette d’emblée la manière dont il a été limogé. Il a indiqué qu'il a appris la nouvelle par «le bouche à oreille». L'ex-médiateur de la République avoue que « dans la nouvelle Algérie, on apprend son limogeage dans la rue ! Autres temps, autres mœurs. Le principal concerné n’est pas informé. C’est terrible ».

Concernant les raisons de sa mise à l'écart, Karim Younes affirme qu'il n'est pas au courant des raisons officielles. Néanmoins, parmi les pistes qu'il privilégie, il est question de ses positions politiques. Il a affirmé : "J’ai parlé de la corruption et j’ai insisté sur le dialogue. J’ai plaidé pour un consensus général et l’ouverture des portes du dialogue avec toutes les franges de la société. Dans le cas contraire, nous allons droit dans le mur. Apparemment, ce discours dérange, et pourtant, c’est la réalité du terrain ».

Karim Younes avait lancé de graves accusations

Les observateurs font ainsi le lien entre la mise à l'écart de Karim Younes et ses déclarations osées, il y a de cela quelques semaines. En effet, il a lancé de graves accusations sur la gouvernance en Algérie, le 17 février lors d’une rencontre avec les médiateurs de la République de l’Ouest et du Sud-ouest du pays. Il a affirmé que la démarche de Abdelmadjid Tebboune était entravée par de hauts responsables.

Le ministre d’État, médiateur de la République, avait jeté un véritable pavé dans la mare. Même si, officieusement, il est connu de tous qu’en Algérie, le pouvoir est partagé par plusieurs cercles, Karim Younes affirme publiquement qu’« il y a lieu de relever qu’à des niveaux élevés de la hiérarchie, subsistent encore des esprits gelés, sectaires, qui tentent toujours de nuire à la volonté du président de la République d’asseoir des règles de fonctionnement de l’Etat plus conformes aux normes d’une Algérie de son temps, telle que voulue par ses citoyens ».

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