Face à l’escalade de la guerre menée par l’armée israélienne contre la population de Palestine, des voix ne cessent de s’élever du côté de nombreux pays arabes, afin de pousser les dirigeants de ces derniers à revoir leurs relations avec l’Etat hébreux. C’est le cas notamment du Maroc, premier pays maghrébin à nouer des relations diplomatiques avec Israël, où l’on évoque avec insistance l’idée de voir le royaume chérifien renoncer à cet accord de normalisation, en réponse aux atrocités commises par les forces de l’occupation israélienne contre les populations de la Cisjordanie et de Ghaza.

En effet, selon le quotidien marocain Al-Akhbar, le Maroc se dit prêt à réexaminer l’ouverture du canal diplomatique et mettre fin à la normalisation si Israël continuait à agir contre les Palestiniens. « Dans un communiqué, le roi du Maroc a fait savoir que la signature de l’accord de normalisation avec Israël n’est pas un chèque en blanc et qu’il est toujours possible de le réexaminer si les autres parties ne respectent pas la sainteté et l’islamité de Jérusalem », indique le journal arabophone Al-Akhbar dans son édition du 17 mai.

Pour rappel, dès les premiers heurts survenus sur l’esplanade de la Grande Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem au début du mois en cours, le Chef du gouvernement marocain, Saâdedine El Othmani, a réagi par une publication sur Twitter où il a dénoncé fermement « les violations commises par l’État hébreu, qui portent atteinte aux droits légitimes du peuple palestinien et à son aspiration à la liberté et à l’indépendance ».

Interrogé, dimanche 16 mai sur la chaîne Al Jazeera, El Othmani, qui était pour rappel le signataire de l’accord de normalisation côté marocain, a réitéré la position officielle du royaume, qui « rejette catégoriquement toutes les violations affectant le statut juridique de la mosquée Al-Aqsa et d’Al-Qods acharif », et a affirmé que « le Maroc place la question palestinienne et Al-Qods acharif en tête de ses préoccupations et au même rang que sa cause nationale ».

« Le Maroc place la question palestinienne en tête de ses préoccupations »

Le 17 mai dernier, la Chambre des représentants marocaine, a condamné les agressions israéliennes commises à Al Qods, Gaza et en Cisjordanie mais aucune mention n'a été faite aux deux propositions de loi pénalisant toute tentative de normalisation avec Israël, déposées durant l'été 2013. La première portait la signature du PJD, l'Istiqlal, le PPS et l'USFP alors que la deuxième émanait du PAM, retirée depuis. Des textes qui avaient fait en son temps grand bruit aussi bien au Maroc qu’en Israël avant d’être mis sous le boisseau.

En décembre 2017, ces propositions avaient effectué une brève apparition à l’occasion d’une réunion organisée à la Chambre des représentants, consacrée à la condamnation de la décision de l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Dans un communiqué du cabinet royal du 10 décembre 2020, diffusé à l’occasion de la reprise des relations avec Israël, le Roi Mohammed VI avait insisté sur « la nécessité de préserver le statut spécial de la ville d’Al-Qods acharif et de respecter la liberté de pratiquer les rites religieux pour les adeptes des trois religions monothéistes, ainsi que le cachet musulman d’Al-Qods acharif et de la mosquée Al-Aqsa ».

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