Nouveau dérapage du président du parti islamiste El Bina, Abdelkader Bengrina, contre la région de Kabylie. Lors d'un meeting animé dimanche 6 juin, il a été l'auteur de propos ayant fait grincer des dents. Pour lui, Tamazight est une « chose » constitutionnalisée par les Kabyles du régime Abdelaziz Bouteflika.

À croire que l'islamiste Abdelkader Bengrina ne peut pas rester longtemps sans effectuer une sortie provocatrice à l'égard de la Kabylie. « Le jour où une chose revendiquée par cette région (la Kabylie) a été satisfaite et introduite dans la Constitution, un de ceux qui se trouvent aujourd’hui en prison (Ahmed Ouyahia ?, ndlr) a eu une discussion avec moi et je lui ai dit qu’en réalité ils discutaient entre eux », a affirmé l'ex-candidat à la présidentielle du 12 décembre 2019.

La nouvelle grave provocation de Abdelkader Bengrina

Cette provocation de Abdelkader Bengrina a provoqué un tollé, particulièrement sur les réseaux sociaux. Il a même fait référence à un chef du gouvernement, en l'occurrence Ahmed Ouyahia, durant de son second règne entre 2003 et 2006. Et ce, notamment dans le dossier de la constitutionnalisation de Tamazight comme langue nationale. Pour lui, sous le régime de Abdelaziz Bouteflika, les Kabyles du pouvoir et ceux de l'opposition étaient complices et se partageaient les rôles.

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« J’avais dit que le chef du gouvernement était de la même région que ceux qui faisaient grève. Et je vous le dis, mon domicile était à côté du sien et je les voyais chaque soir ensemble chez lui. Ils se partageaient les rôles », a-t-il ajouté. Il n'a pas hésité à affirmer que la Kabylie (présentée comme deux wilayas et des parties de quelques autres wilayas) était un centre de pouvoir pendant des dizaines d'années malheureusement (sic !)

Cette nouvelle provocation de Abdelkader Bengrina contre la Kabylie a fait réagir de nombreux internautes, notamment de Kabylie. Ils n'ont pas hésité à l'accuser de racisme et de régionalisme, envers la Kabylie et les Kabyles. Certains n'ont pas hésité à lui rappeler qu'il était ministre de Abdelaziz Bouteflika qu'il servait avec dévouement. Et qu'il n'a commencé à critiquer son régime qu'après sa chute en avril 2019.

Ce n'est pas la première provocation de Abdelkader Bengrina

Il faut rappeler que ce n'est pas la seule provocation de Abdelkader Bengrina contre la Kabylie. Ses dérapages reviennent régulièrement comme s'ils étaient programmés avec des objectifs assignés. Le dernier en date, celui de février lors d'un rassemblement à Oran, où il a traité la Kabylie de « dechra » pour dénoncer la poursuite du Hirak.

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Abdelkader Bengrina s'est également illustré par une autre provocation en septembre 2020 quand il a évoqué la révision constitutionnelle du 1er novembre. Il n'a pas hésité à dénoncer le maintien de la disposition qui stipule l'article sur Tamazight ne peut faire l'objet de révision. Il a même osé dire que la langue amazighe ne devait pas être constitutionnalisée, car considérée comme « un résidu de la issaba ». Il est inutile de préciser les réactions virulentes que Bengrina reçoit à chaque intervention du genre.