L’audition de Saïd Bouteflika reportée : Le juge d'instruction de la troisième chambre du pôle financier et économique près le tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, a décidé du report de la séance d'audition de Saïd Bouteflika, prévue ce lundi 7 juin, sur demande des avocats de la partie civile. Ces derniers ont justifié leur demande par le mouvement de grève enclenché, ce lundi 7 juin, par l'ensemble des avocats du pays, en guise de solidarité avec leur confrère Abderaouf Arslane, incarcéré depuis le 26 mai à Tébessa.

Le juge d'instruction devait entendre le frère de l'ancien président dans l'affaire du « financement occulte de la campagne électorale, du blanchiment d'argent et du recel de produits de délits de corruption ». Selon plusieurs sources médiatiques, Ali Haddad, qui se trouve sous mandat de dépôt à la prison de Koléa, devait être interrogé par le juge d'instruction près le tribunal de Sidi M'hamed sur ses relations avec le président de l’ex-FCE, Ali Haddad, sur son éventuelle participation à la mise en place d’une chaîne de télévision appelée «Al Istimraria » (la continuité), pour soutenir le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika.

L’audition de Saïd Bouteflika reportée

Cette affaire a été révélée par l’homme d’Affaires Ali Haddad le jour de son procès. Toutefois, Saïd Bouteflika avait nié, lors de sa première audition en avril dernier, les faits qui lui ont été reprochés. C'était la deuxième comparution en moins de deux mois, avant que le juge ne décide de son report. L’ancien conseiller et frère du président déchu a répondu, le 12 avril dernier, aux questions du juge pendant 2 heures, selon ses avocats. Me Khaled Bourayou, un des avocats de la défense, a affirmé que l’ancien conseiller à la présidence avait « nié toutes les accusations ». Il a ajouté que Saïd Bouteflika « ne comprend toujours pas pourquoi il est mis sous mandat de dépôt dans une affaire dans laquelle il n’a rien à voir ». Pour le frère du président déchu, c’est Ali Haddad qui est derrière ce projet, rejetant tout lien avec la campagne électorale de son frère.

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Me Khaled Bourayou avait, également, indiqué que Saïd Bouteflika n’avait pas été mis au courant de l’acquisition de ce matériel. Selon lui, Saïd Bouteflika a déclaré devant le juge : « Ce n’est que lors d’une discussion avec Ali Haddad que j’ai entendu parler de ce matériel ». A une question sur le rôle de cette chaîne dans la préparation du 5e mandat, « Saïd Bouteflika a répondu qu’il ne connaissait même pas le nom de la chaîne », avait ajouté l'avocat.

Financement occulte de la campagne électorale

La justice soupçonne que les fonds ayant servi à l’acquisition de cette chaîne proviennent de l’argent récolté pour le compte de cette campagne. Selon diverses sources, et à en croire les aveux de certains prévenus, pas moins de 52 millions d’euros ont été versés par des hommes d’affaires pour financer la campagne pour la candidature à un cinquième mandat du président déchu,  Abdelaziz Bouteflika.

Au cours du procès en première instance, qui s’est déroulé en décembre 2019, Ali Haddad avait clairement impliqué l’ex-conseiller à la présidence. « Le 6 février (2019), Saïd Bouteflika m’a demandé de récupérer entre 700 et 800 millions de dinars (environ 5,7 millions d’euros) qui étaient au siège de la campagne électorale à Hydra », avait dit Ali Haddad aux magistrats qui s’enquerraient de la provenance de ces fonds. Auditionné et confronté aux autres prévenus lors de ce procès, Saïd Bouteflika avait catégoriquement refusé de répondre aux questions du tribunal.