Situation des droits de l'Homme en Algérie. La Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public le 27 juin, l’organisation présidée par Maître Noureddine Benissad dresse un constat inquiétant sur la question du respect des droits humains dans le pays.  

La LADDH souligne l’apparition d'un nouveau délit en Algérie. Il s'agit du « délit de solidarité » dont ont été accusés des membres du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), selon la même organisation. « La LADDH dénonce les dernières arrestations qui ont ciblé des membres du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), dont l’universitaire à la retraite Fatiha Briki, ainsi que d’autres citoyens qui se sont retrouvés poursuivis pour "délit de solidarité" », s'insurge la ligue. 

Cette dernière rappelle que « depuis le retour du hirak en février 2021 après une année de trêve sanitaire en lien avec la Covid-19, la répression a été la seule actualité ». « Jamais dans le hirak qui a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de l’Algérie, nous n’avons assisté à une telle dérive autoritaire, animée par une volonté manifeste d’en finir avec le hirak et d’enterrer définitivement les espoirs du peuple algérien d’édifier l’Etat de droit démocratique et social (…) et de réaliser le serment de nos martyrs de la Guerre de Libération nationale », affirme la LADDH dans cette déclaration signée par son vice-président, Saïd Salhi. 

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Des législatives « boudées par une large majorité du peuple algérien »

Par ailleurs, la LADDH indique que le taux d'abstention aux dernières législatives « boudées par une large majorité du peuple algérien, confirmant le rejet de la feuille de route politique du pouvoir ». Une abstention qui confirme, selon la LADDH, « l’échec de l’approche du tout sécuritaire marqué par une escalade sans précédent de la répression et des restrictions des libertés ».

L'organisation alerte l’opinion publique sur « la liste des détenus (qui) ne cesse de s’allonger de jour en jour». Elle affirme que cette campagne d’arrestations « vise toutes les voix discordantes du hirak pacifique pro-démocratie et de l’opposition démocratique et la société civile ». La LADDH avertit que cette campagne « prend une ampleur inquiétante ». « Près de 6 400 arrestations ont été opérées à l’échelle de tout le pays, dont 2 000 interpellations en deux semaines », souligne l'organisation.

La LADDH conclut son communiqué par un appel à la « libération de l’ensemble des détenus d’opinion (et) l’acquittement et l’abandon de toutes les charges retenues contre tous les militant-e-s pacifiques ». Elle appelle également à « l’ouverture d’un nouveau processus politique démocratique, apaisé et négocié, passant par le respect des libertés démocratiques, pierre angulaire de toute démocratie ».