Alors que les tensions entre l’Algérie et le Maroc ont atteint leur paroxysme, de nouvelles déclarations de l’ambassadeur du Maroc à l'ONU, Omar Zniber, risquent de compliquer la situation.

En effet, lors de la 47ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme, Omar Zniber a accusé l’Algérie de faire une « fixation pathologique » envers le Maroc.

Ainsi, l'ambassadeur marocain questionné sur la question des droits de l'Homme au Sahara occidental a détourné la question pour s'exprimer sur l’Algérie. Le chef de la délégation marocaine à cette rencontre internationale a affirmé que « l’Algérie ne peut s’ériger en donneur de leçon au Maroc dans n’importe quel domaine ». Omar Zniber a également déclaré qu' « au lieu de jeter leur dévolu sur le Maroc, les autorités algériennes devraient se préoccuper de la détérioration grave de la vie sociopolitique en Algérie qui sombre dans les violations et le déni des droits de l’homme ».

Il a ajouté que « l’Algérie tente comme à son habitude une manœuvre de diversion qui ne trompe plus personne en s’en prenant à l’intégrité territoriale du royaume, une manœuvre stérile et contre-productive visant à détourner l’attention des plaintes sérieuses et légitimes du Haut-commissariat et des milliers d’ONG à travers le monde, au sujet des violations massives des droits des Algériens à la liberté d’expression, de rassemblement, et de manifester pacifiquement ».

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Un rapporteur spécial de l'ONU épingle le Maroc

Il faut rappeler que les accusations adressées au Maroc sur la situation des droits de l'Homme au Sahara ne viennent pas seulement de l’Algérie. Plusieurs ONG ne cessent de dénoncer le déni du droit du peuple sahraoui à son autodétermination. Ajouter à cela les déclarations du Rapporteur spécial des Nations unies (ONU) sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme, Mary Lawlor. Cette dernière a dénoncé notamment « des traitements cruels, inhumains et dégradants » à l’encontre de militants et journalistes au Maroc.

Mary Lawlor a souligné les cas des défenseurs des droits de l’Homme Naâma Asfari et Khatri Dadda, qui sont détenus respectivement depuis 2010 et 2019 et purgent des peines de 30 et 20 ans. « Non seulement les défenseurs des droits de l’Homme travaillant sur des questions liées aux droits de l’homme au Maroc et au Sahara occidental continuent d’être injustement emprisonnés et criminalisés pour leurs activités légitimes, mais ils sont également condamnés à des peines de prison disproportionnées et, pendant leur incarcération, ils sont soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants, ainsi qu’à la torture », a affirmé Mary Lawlor.